La couture rabattue est un assemblage dans lequel les surplus de matière laissés par une première piqûre sont repliés à plat d'un même côté, puis fixés par une seconde piqûre traversante qui enferme les bords bruts.
C'est la couture des vêtements de travail et des toiles techniques, choisie chaque fois qu'un assemblage doit encaisser des efforts répétés sans s'ouvrir. On la trouve en maroquinerie souple, sur les fonds, les côtés et les doublures, partout où la traction s'exerce perpendiculairement à la ligne d'assemblage. Sa place parmi les autres montages est décrite dans l'anatomie d'un sac et son vocabulaire.
Comment elle est construite
Le principe tient en deux passages. On assemble d'abord les deux pièces endroit contre endroit, en respectant une marge de couture volontairement inégale : un surplus large, un surplus étroit. Le surplus large est ensuite recoupé, replié par-dessus l'étroit, puis rabattu à plat contre l'un des panneaux. Une seconde piqûre, visible à l'endroit comme une surpiqûre parallèle à la première, traverse alors l'ensemble et bloque le tout. Le résultat se reconnaît immédiatement : deux lignes de piqûre parallèles à l'extérieur, aucun bord brut à l'intérieur, et un envers aussi propre que l'endroit. Contrairement à une couture retournée, qui cache l'assemblage en retournant l'ouvrage, la couture rabattue assume sa présence en surface.
Pourquoi elle est plus solide, et ce qu'elle exige
Dans une simple couture assemblée, la traction s'applique directement sur le fil, qui travaille en arrachement dans une seule épaisseur. Dans une couture rabattue, l'effort est réparti sur deux lignes de piqûre distantes de quelques millimètres et sur quatre épaisseurs superposées : le fil travaille en cisaillement, la charge se distribue, et l'ouverture de l'assemblage devient très improbable. Les bords bruts, enfermés, ne peuvent plus s'effilocher ni se décoller. Cette robustesse a une contrepartie : elle suppose une matière souple et fine. Le repli demande à la matière d'accepter un pli net sans casser, et l'ensemble finit par cumuler quatre épaisseurs — ce qu'une matière épaisse ou raide ne permet pas, sous peine de bourrelet visible, d'aiguille déviée et de perçages trop rapprochés qui affaiblissent la ligne au lieu de la renforcer. Sur les pièces épaisses, on lui préfère donc un assemblage à plat bord à bord.
Ce que ça change à l'usage
Un sac dont les fonds et les côtés sont montés en couture rabattue vieillit sans bâiller aux angles, et se nettoie plus facilement à l'intérieur, faute de bords effilochés qui retiennent la poussière. En réparation, la couture rabattue se reprend, contrairement à un collage. À l'examen, il suffit de retourner la doublure et de chercher les bords bruts : leur absence signe le montage. La même attention se porte ensuite sur la régularité des découpes, la découpe à l'emporte-pièce garantissant des marges constantes, sur les points d'ancrage comme le dé métallique, et sur la fluidité du curseur. Nos sacs en simili cuir PU et nos sacs portés en bandoulière emploient ce montage là où la matière reste assez souple pour l'accepter.