Tombé : définition et application

Le tombé est la manière dont un vêtement retombe sous son propre poids une fois porté, sous l'effet combiné de la masse de l'étoffe, de son armure et de la coupe.

C'est l'un des rares critères qui décident du rendu d'une pièce avant même la couleur ou la taille, et notre guide pour composer avec ses proportions le place au même rang que la longueur : deux vêtements identiques sur le papier ne donnent pas la même silhouette si l'un tombe droit et l'autre casse au niveau des hanches.

Le reconnaître

Un bon tombé se lit à trois signes : le vêtement descend sans se coller, les plis se forment à intervalles réguliers plutôt que par paquets, et l'ourlet reste horizontal. Le vocabulaire voisin aide à préciser ce qu'on observe. Le drapé désigne la forme des plis eux-mêmes, leur dessin. La fluidité qualifie la vitesse à laquelle l'étoffe suit le mouvement du corps. L'opposition entre structuré et déstructuré décrit, elle, ce que la construction interne — doublure, entoilage, coutures — impose ou n'impose pas au tissu.

L'erreur fréquente : juger sur un cintre

Un vêtement suspendu ne donne aucune information fiable sur son tombé. Sur un cintre, il n'est soumis qu'à la traction verticale du portant : les plis se lissent, l'étoffe paraît plus lourde qu'elle ne l'est, et une pièce trop rigide semble impeccable. Le tombé ne se révèle qu'en mouvement, sur le corps, après quelques pas. C'est aussi là que se voit l'aisance vestimentaire : une aisance insuffisante bloque le tissu et l'empêche de retomber, une aisance excessive le fait bâiller.

Ce que ça change à l'usage

Un tombé raté ne se rattrape pas. Une erreur de couleur se corrige en changeant de pièce voisine, et un accord bâti sur une triade chromatique mal réglée se reprend en modifiant une seule teinte. Un écart de valeur chromatique se compense de la même manière. Le tombé, lui, dépend de l'étoffe : aucune retouche ne rendra souple un tissu qui ne l'est pas.

D'où deux réflexes utiles. Pour un vêtement long, on privilégie une étoffe qui accepte de plier plusieurs fois sans marquer. Pour une pièce sourde comme un vert olive mat, un tombé souple compense l'absence de brillance et donne du relief à la surface. Et lorsqu'un ensemble est construit en ton sur ton, c'est le tombé qui fournit l'essentiel de la variation, puisque la couleur, elle, ne change pas.

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