Jellaba ou abaya : deux vêtements longs, deux traditions distinctes

Vues de loin, la jellaba et l'abaya se ressemblent : deux vêtements longs, couvrants, portés au quotidien dans une grande partie du monde arabe. La confusion s'arrête là. La jellaba appartient au répertoire marocain, l'abaya à celui de la péninsule arabique, et leurs constructions comme leurs fonctions diffèrent nettement. Ce comparatif s'appuie sur le guide du vestiaire marocain, qui situe la jellaba parmi le caftan, la takchita et les autres pièces du répertoire.

Deux répertoires culturels

La jellaba est le vêtement d'extérieur marocain par excellence, porté par les femmes comme par les hommes, en ville comme à la campagne. L'abaya vient du Golfe, où elle constitue la pièce de dessus du vestiaire féminin ; sa diffusion l'a depuis portée bien au-delà. Comparer les deux, ce n'est donc pas classer deux variantes d'un même habit : c'est mettre côte à côte deux traditions qui ont répondu différemment au même besoin de couverture et de tenue publique.

La construction

Le marqueur de la jellaba est sa capuche pointue, le qob, absente de l'abaya. La jellaba est fermée devant et s'enfile comme une robe ; l'abaya, historiquement ouverte et croisée, existe aujourd'hui en versions ouvertes ou fermées, mais reste conçue comme une couche que l'on superpose à la tenue. La différence rappelle celle qui sépare vêtement fermé et surcouche fluide dans un tout autre registre — le comparatif peignoir ou kimono repose sur la même opposition de construction. Manches longues des deux côtés, mais coupe droite et tissus plus fermes pour la jellaba, tombé fluide et ligne allongée pour l'abaya.

Tissus et registre

La jellaba suit les saisons : laine l'hiver, coton l'été, dans une gamme qui va du strict utilitaire au très orné. L'abaya privilégie les étoffes fluides et sombres — crêpes et voiles dont le duel mousseline ou georgette illustre les nuances de tombé — avec une ornementation concentrée sur les poignets et les bords. Ni l'une ni l'autre ne se ceinture traditionnellement : l'accessoire de taille appartient au registre du caftan, où l'arbitrage mdamma ou ceinture textile prend son sens. Et toutes deux sont des pièces publiques : rien à voir avec le vestiaire d'intérieur ou de nuit, dont le comparatif nuisette ou chemise de nuit décrit l'autre bout du spectre.

Tableau comparatif

Critère Jellaba Abaya
Origine Maroc et Maghreb Péninsule arabique
Capuche Présente (le qob) Absente
Construction Fermée devant, s'enfile Ouverte ou fermée, se superpose
Tissus Laine, coton, selon la saison Étoffes fluides, souvent sombres
Fonction Vêtement d'extérieur complet Couche de dessus sur la tenue

Verdict

La jellaba si vous cherchez un vêtement d'extérieur autonome, avec capuche, qui tient chaud l'hiver et s'inscrit dans le répertoire marocain. L'abaya si vous voulez une couche superposable, fluide, qui habille une tenue existante d'une ligne longue et sobre. Le choix relève autant de l'attachement culturel que de la fonction : chacune porte son répertoire, et aucune ne remplace l'autre. Pour les occasions habillées du vestiaire marocain, la collection de caftans et robes marocaines prend le relais, et un modèle de la sélection de sacs marocains reste cohérent avec l'un comme l'autre registre.

Voir aussi

Retour au blog