Chaussures de mi-saison : la période mal équipée

Une chaussure de mi-saison est une paire fermée sur le dessus mais ventilée ou peu doublée, capable d'encaisser l'humidité du matin sans devenir étouffante l'après-midi : c'est le seul créneau où ni la sandale ni la chaussure d'hiver ne conviennent, et c'est pour cela qu'il est mal couvert.

Le problème est d'abord un problème d'écart. Entre avril et mai, entre septembre et octobre, une même journée peut passer du frais au chaud, avec de la rosée le matin et un trottoir sec à midi. Le dossier Chaussures et confort traite du confort d'une paire à conditions stables ; ici, ce sont les conditions elles-mêmes qui bougent, et la paire doit tolérer les deux extrêmes plutôt que d'exceller à l'un des deux.

Ce qui rend une paire réellement bi-saison

Trois caractéristiques déterminent l'amplitude d'usage d'une chaussure. La première est la couverture du dessus du pied : une tige haute protège de l'eau qui tombe et de l'air froid, une tige basse laisse échapper la chaleur. La deuxième est l'épaisseur de la doublure : une doublure épaisse enferme la chaleur et l'humidité produite par le pied. La troisième est l'adhérence de la semelle sur sol mouillé, qui ne se voit pas et ne se déduit pas de l'aspect.

La tige est la partie qui enveloppe le pied au-dessus de la semelle. Sa hauteur et son degré d'ouverture décident de presque tout. Une tige fermée mais non doublée, comme sur beaucoup de modèles souples, couvre le coup de pied sans créer de four : c'est la configuration la plus polyvalente de la mi-saison. Une tige fermée et doublée devient inconfortable dès que la température monte, sans pour autant tenir face à un vrai froid.

Sur les modèles ouverts à l'arrière, la question se pose autrement. La différence entre une mule et une babouche se joue précisément sur ce qui reste de la tige à l'arrière du pied ; et dans le cas de la babouche, ses formes et ses variantes, le talon libre facilite le déchaussage à l'entrée d'une maison mais laisse passer le vent.

Le sol mouillé, variable qui décide tout

La semelle d'usure est la couche en contact avec le sol. Sur sol sec, sa nature importe peu ; sur sol mouillé, elle décide de l'adhérence. Une semelle lisse, plate et dure glisse sur un carrelage humide, un marbre de hall d'immeuble, une bouche de métro. Une semelle sculptée, même légèrement, évacue le film d'eau et retrouve du contact.

Le test se fait à l'œil et au doigt. Retournez la chaussure : y a-t-il un relief, même discret, dans la zone de l'avant-pied et sous le talon ? Passez le doigt : la matière accroche-t-elle un peu, ou file-t-elle sous la pulpe ? Une semelle qui semble déjà glissante à sec le sera davantage mouillée. Nous ne donnons pas de coefficient chiffré, parce qu'aucune mesure de ce type n'est disponible pour nos modèles ; l'observation directe reste le seul critère honnête.

À l'inverse, une semelle très sculptée retient les graviers et les feuilles mortes, ce qui est le lot des trottoirs d'automne. Il n'y a pas d'optimum universel, seulement un arbitrage entre adhérence et propreté d'usage.

Le pied change de volume, la paire doit suivre

Le volume du pied n'est pas constant. Il augmente au fil de la journée, augmente encore par temps chaud, et diminue au repos. Une paire de mi-saison est portée sur des journées longues et à températures variables : elle doit donc avoir un peu de marge, sans que cette marge se transforme en flottement.

La marge se règle par le laçage, la boucle ou l'élastique. C'est l'avantage décisif des modèles réglables sur les modèles fixes en cette période. Une ballerine, avec ce qu'elle supporte réellement, n'offre aucun réglage : elle tient par le serrage de sa tige, ce qui la rend précise le matin et parfois juste le soir. Les chaussettes fines apportent un demi-degré d'ajustement supplémentaire et absorbent une partie de l'humidité, à condition d'être changées et non portées deux jours.

Bâtir un roulement plutôt qu'une paire idéale

La solution la plus fiable n'est pas de trouver la chaussure parfaite mais d'alterner deux paires. L'alternance laisse à chaque paire le temps de sécher complètement, ce qui prend plus longtemps qu'on ne le croit quand la doublure a absorbé l'humidité de la journée. Un séchage à l'air libre, à distance d'une source de chaleur directe, préserve à la fois la matière et la forme.

Sur nos modèles en simili cuir PU (polyuréthane), sans matière animale, la durée de vie d'un PU de qualité se situe entre trois et cinq ans. Cette fourchette suppose précisément ce type de roulement ; une paire unique portée tous les jours d'une saison entière s'use plus vite, sans que nous puissions chiffrer de combien. La même logique d'alternance s'applique quand on prépare un sac de départ, comme le détaille ce qu'il faut emporter en voyage.

Accorder la paire au reste de la tenue

La mi-saison est aussi la période où les tenues se superposent : une couche de plus le matin, une de moins à midi. Une paire discrète de teinte neutre traverse ces variations sans jurer avec ce qu'on retire ou ce qu'on ajoute. Nos modèles fermés et ouverts sont réunis dans la collection Chaussures. Les sacs marocains jouent le même rôle d'ancrage neutre dans une tenue qui change au fil de la journée.

Reste une chose que nous ne prétendons pas régler : le confort ressenti dépend du pied de chacun. Si une gêne s'installe et persiste malgré l'alternance et le réglage, elle relève d'un professionnel de santé, pas d'un choix de modèle.

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