Le sous-ton est la nuance constante qui traverse une carnation indépendamment de son degré de clarté ou de hâle, et il s'estime par comparaison entre deux échantillons posés côte à côte, jamais par une mesure.
Trois familles sont couramment distinguées : chaude, froide et neutre. C'est un outil de tri, utile pour réduire le nombre d'essais devant un miroir, et rien de plus. Le pilier couleurs et palettes traite les rapports entre couleurs ; ce guide traite le rapport entre une couleur et la personne qui la porte, avec les limites qu'un tel exercice impose d'énoncer d'emblée.
Sous-ton et couleur de peau ne sont pas la même chose
La couleur apparente varie : elle fonce au soleil, s'éclaircit en hiver, change avec la fatigue et l'éclairage. Le sous-ton, lui, est décrit comme la composante stable qui subsiste sous ces variations. Deux carnations de clarté très différente peuvent partager le même sous-ton, et deux carnations de clarté identique peuvent en avoir deux différents.
Un sous-ton chaud se décrit par une dérive vers le doré, le pêche ou l'olive. Un sous-ton froid se décrit par une dérive vers le rosé, le bleuté ou le prune. Un sous-ton neutre ne penche nettement ni d'un côté ni de l'autre, et il est le plus répandu comme le plus difficile à trancher.
Trois observations, à la lumière du jour
La première observation est comparative et c'est la plus fiable : poser successivement deux tissus de clarté équivalente, l'un franchement doré, l'autre franchement argenté ou rosé, près du visage, devant une fenêtre. On ne cherche pas lequel plaît, mais lequel fait ressortir les irrégularités du teint et lequel les efface. Le second correspond au sous-ton dominant.
La deuxième consiste à comparer un blanc pur et un écru sur le même principe. Si l'écru paraît juste et le blanc pur dur, la dérive est plutôt chaude ; si c'est l'inverse, plutôt froide. Si les deux fonctionnent également, la lecture penche vers le neutre.
La troisième, souvent citée, consiste à regarder la teinte des veines à l'intérieur du poignet. Elle est la moins fiable des trois : ce que l'on observe dépend de l'épaisseur de la peau, de la température ambiante et de l'éclairage, et le résultat change d'un jour à l'autre. Nous la mentionnons parce qu'elle circule partout, pas parce qu'elle tranche quoi que ce soit.
Les limites de l'exercice
Il faut les dire clairement. Aucune de ces observations n'est une mesure : ce sont des comparaisons subjectives, sensibles à l'éclairage et à l'ordre dans lequel on présente les échantillons. Un éclairage artificiel chaud fausse systématiquement le résultat en faveur des teintes chaudes ; un éclairage froid fait l'inverse.
La classification en trois familles est par ailleurs une simplification. Elle découpe en trois cases un continuum, et la majorité des carnations tombe près des frontières. Un résultat hésitant n'est donc pas un échec de la méthode : c'est l'issue la plus probable, et elle se traduit simplement par un éventail plus large de teintes utilisables.
Enfin, le sous-ton ne dit rien de ce qui convient dans l'absolu. Il indique dans quel sens une teinte a tendance à se comporter près d'un visage. Il ne rend aucune couleur interdite, et il ne remplace pas l'essai. Si un doute persiste après plusieurs essais, la réponse honnête est qu'on n'a pas tranché, non qu'on a mal cherché.
Ce que le résultat change vraiment
L'effet le plus net porte sur les pièces situées près du visage : col, écharpe, foulard, encolure. Plus une pièce est éloignée du visage, moins le sous-ton compte, jusqu'à devenir négligeable pour une chaussure. C'est une raison suffisante pour ne pas construire toute une garde-robe sur ce critère.
L'effet se joue aussi moins sur la teinte que sur ses réglages. Une même teinte existe en version chaude et en version froide : un rouge peut tirer vers l'orangé ou vers le bleu, un vert vers l'olive ou vers l'émeraude. Choisir la version plutôt que renoncer à la couleur est presque toujours la bonne manœuvre, et ce mécanisme est développé dans la température d'une couleur, expliquée.
Deuxième réglage : l'intensité. Une teinte qui semble ne pas convenir est souvent simplement trop saturée pour la place qu'on lui donne, et une version rompue passe sans difficulté. C'est le sujet de désaturer pour assembler : le levier oublié. Troisième réglage : la clarté, qui pèse souvent plus lourd que le sous-ton lui-même, comme le rappellent les trois axes d'une couleur.
Tester avec un accessoire plutôt qu'avec un vêtement
Un accessoire se retire en un geste, se pose près du visage et couvre une petite surface : c'est l'outil de test idéal. Un foulard tenu contre le col donne une réponse en quelques secondes, et un imprimé permet de tester plusieurs teintes d'un coup, puis de retenir celle qui tient le mieux.
Les pièces éloignées du visage échappent largement à cette contrainte. Nos sacs en simili cuir PU se choisissent d'abord en fonction de la palette de la garde-robe et de l'écart de clarté recherché ; le sous-ton n'y intervient qu'en dernier, et pour un sac porté à l'épaule il ne joue pratiquement pas.
Les neutres ne sont pas neutres non plus de ce point de vue : un beige, un gris ou un blanc possèdent eux aussi une dérive chaude ou froide, et ce sont souvent eux, plus que les couleurs vives, qui font pencher un ensemble d'un côté ou de l'autre.
Voir aussi
- Quincaillerie et couleur du sac : l'accord fin — accorder la finition métallique à la couleur du sac.
- Les matières de chaussure sans origine animale — panorama des revêtements employés à la place des matières animales.
- Porter un sac kaki avec du noir : la combinaison qui marche — un accord de neutres qui tient grâce à l'écart de valeur.
- Porter son sac pendant la grossesse : confort et accessibilité — adapter le port du sac quand l'équilibre du corps change.
- Anatomie d'un sac : le lexique pour lire une fiche produit — nommer les pièces d'un sac pour lire une fiche produit.