Les chaussures sans matière animale emploient principalement, en partie haute, un revêtement de polyuréthane sur support textile, des toiles de coton ou de lin, des microfibres et des matières végétales comme le raphia ou le liège, et en doublure des textiles synthétiques ou cotonniers.
Chacune de ces familles a un comportement propre à la marche, à l'eau et au vieillissement, et aucune n'est bonne en tout. Cette page les passe en revue par poste de construction, sans classement ni superlatif, en indiquant ce que l'on sait et ce que l'on ne sait pas. Elle s'inscrit dans notre dossier sur les chaussures et le confort.
La tige : ce que l'on voit et ce que l'on touche
La tige désigne tout ce qui se trouve au-dessus de la semelle : c'est la pièce qui enveloppe le pied et qui donne au modèle sa tenue. La matière la plus répandue hors filière animale est le simili cuir PU, un revêtement de polyuréthane appliqué sur un support textile tissé ou tricoté. Le support commande la souplesse et la résistance à la déchirure, le revêtement commande l'aspect, le toucher et la tenue à l'eau.
Viennent ensuite les microfibres, structures synthétiques plus denses, au toucher proche du nubuck, et les toiles végétales, coton et lin, qui respirent bien mais se salissent vite et ne retiennent pas l'eau. Le raphia et le liège occupent une place à part : tressé ou collé en feuille, le raphia sert surtout aux modèles d'été ; le liège, léger et souple, apparaît davantage en semelle compensée qu'en tige. Le caoutchouc, enfin, reste la matière des modèles entièrement fermés destinés à la pluie.
Doublure, première et semelle
La doublure est le poste le plus déterminant pour le confort et le moins regardé à l'achat. Un textile respirant, coton ou synthétique à mailles ouvertes, évacue l'humidité mieux qu'un film continu ; une doublure en simili cuir PU tient bien à l'abrasion mais respire peu. C'est en général de ce choix, plus que de la tige, que dépend le comportement d'une chaussure fermée sur une journée entière.
La première de propreté, la couche sur laquelle repose le pied, joue le même rôle en surface d'appui. Les semelles d'usure, elles, sont presque toujours dépourvues de matière animale : caoutchouc, gomme thermoplastique, polyuréthane expansé ou éthylène-acétate de vinyle. Le caoutchouc résiste mieux à l'abrasion, les mousses expansées sont plus légères et amortissent davantage mais s'usent plus vite. Un point mérite d'être signalé : les colles employées au montage ne sont pas systématiquement documentées par les fabricants, et nous ne pouvons pas affirmer qu'elles sont toujours exemptes de dérivés animaux.
Ce que ces matières valent à l'usage
Un simili cuir PU de bonne facture tient 3 à 5 ans dans un usage courant. Il craint moins l'eau qu'une toile, se nettoie au chiffon humide, et vieillit en se craquelant plutôt qu'en se patinant : c'est la différence de comportement la plus nette avec le cuir animal, qui se marque et se reprend. Le PU n'a pas non plus la capacité du cuir à se déformer durablement pour épouser un pied, ce qui rend le choix du volume initial plus important encore.
Les toiles se lavent mais se déforment davantage et sèchent lentement. Les microfibres se rapprochent du PU en tenue tout en respirant un peu mieux. Aucune de ces matières ne rattrape une forme mal choisie : c'est le gabarit, pas le revêtement, qui décide du chaussant. L'entretien courant est traité dans entretenir une chaussure en simili cuir PU, et les questions d'humidité dans odeurs et humidité : traiter la cause, qui touche directement au choix de la doublure.
Réparation et fin de vie
Le point faible de ces constructions est la réparabilité. Un montage collé, majoritaire sur les modèles légers, se ressemelle mal ; un montage cousu s'y prête mieux, mais reste rare hors chaussure de ville traditionnelle. C'est ce que détaille ressemelage : quand c'est possible, quand ça ne l'est pas. Le rangement joue aussi sur la durée de vie, en particulier pour le PU, qui se marque quand il reste plié plusieurs mois : voyez stocker ses chaussures hors saison sans les déformer.
Le vocabulaire, et pourquoi il compte
On lit souvent l'expression « cuir vegan » sur le marché. Elle n'a pas cours en droit français : le décret réserve le mot cuir aux matières issues de peaux animales, et son emploi pour désigner un revêtement synthétique est fautif. Nos articles se désignent donc par « simili cuir PU », c'est-à-dire un polyuréthane sans matière animale. Le mot cuir reste correct quand on parle réellement de peaux tannées, y compris pour des termes techniques comme le cuir filali de la maroquinerie marocaine.
Cette précision n'est pas qu'une affaire d'étiquette : elle indique une matière, donc un comportement, donc un entretien. Une même logique vaut pour les textiles d'habillement, où le nom d'une armure ne dit rien de la fibre. Dans la collection chaussures comme dans la collection caftans, la composition figure sur la fiche du modèle, et c'est elle qu'il faut lire avant de choisir un mode d'entretien. Pour une question précise sur une matière, écrivez à support@maisontanger.com.
Voir aussi
- Anatomie d'une chaussure : toutes les pièces : le nom et le rôle de chaque pièce d'une chaussure.
- Le henné : couleur et usages : d'où vient cette couleur et dans quels usages elle apparaît.
- Pieds larges : quelles formes privilégier : les gabarits qui laissent le plus de place à l'avant-pied.
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