Les pointures françaises, britanniques et américaines ne se convertissent pas exactement les unes dans les autres : chaque système repose sur une unité de longueur et une origine qui lui sont propres, et chaque fabricant y applique ensuite ses propres marges.
C'est la raison pour laquelle deux tables de correspondance trouvées sur deux sites différents ne donnent pas le même résultat, et pourquoi aucune ne peut être tenue pour la bonne. Cette page explique d'où viennent les trois systèmes, ce qui les rend irréductibles l'un à l'autre, et comment se servir malgré tout d'une table. Elle complète notre dossier sur les chaussures et le confort.
Trois systèmes, trois unités
Le système français, dit continental, compte en points de Paris. L'unité vaut deux tiers de centimètre et l'échelle progresse par pas entiers, ce qui explique qu'il n'existe pas, dans ce système, de demi-pointure véritable. Elle est héritée d'un usage d'atelier ancien, où le chausseur comptait en points sur une réglette plutôt qu'en centimètres.
Les systèmes britannique et américain comptent, eux, en tiers de pouce, une unité d'origine anglaise. Le pas est donc plus fin que le point de Paris, ce qui autorise des demi-pointures régulières. Surtout, les deux échelles ne partent pas du même zéro : le système américain a repris l'unité britannique en décalant l'origine, et il se subdivise ensuite en barèmes distincts pour les femmes, les hommes et les enfants. Trois échelles, trois pas, trois origines : la conversion ne peut donc pas tomber juste.
Ce qu'une pointure mesure réellement
Une pointure ne mesure pas votre pied. Elle désigne, dans le vocabulaire du fabricant, la longueur de la forme sur laquelle le modèle a été monté, c'est-à-dire du gabarit en volume qui sert de moule à la chaussure. Entre la longueur du pied et celle de la forme, il y a une aisance, choisie par le chausseur selon le type de modèle.
Cette aisance n'est ni normalisée ni publiée. Un escarpin fermé, une sandale ouverte et une botte ne la traitent pas de la même façon, et deux modèles d'un même chausseur peuvent différer s'ils sont montés sur des formes distinctes. Une norme internationale existe pourtant, qui exprime directement la longueur du pied en millimètres ; elle reste peu employée dans la distribution grand public et se rencontre surtout sur des chaussures techniques.
Pourquoi les tables divergent
Trois causes se cumulent. La première est arithmétique : convertir des tiers de pouce en tiers de centimètre ne tombe jamais rond, et chaque auteur de table arrondit à sa manière, dans un sens ou dans l'autre. La deuxième est que certaines tables convertissent des pointures entre elles quand d'autres partent d'une longueur de pied en millimètres : ce ne sont pas les mêmes grandeurs, donc pas les mêmes résultats.
La troisième est la plus décisive : les tables ignorent la forme. Deux modèles annoncés dans la même pointure peuvent chausser différemment parce que leurs formes n'ont pas le même volume, la même hauteur au cou-de-pied ou la même largeur. Ajouter à cela que le pied lui-même varie d'un moment à l'autre de la journée, comme le détaille le pied gonfle : en tenir compte à l'achat, et l'on comprend qu'une table ne puisse être qu'une approximation.
Nous ne publions donc pas de table maison. Ce serait ajouter une approximation de plus à celles qui circulent déjà, sans aucune autorité pour la fonder.
Se servir d'une table malgré tout
La méthode qui fonctionne inverse l'ordre habituel. On part non pas d'une pointure mais d'une mesure : la longueur et la largeur du pied, relevées au millimètre sur un contour tracé pied en charge, debout, en fin de journée. On confronte ensuite cette mesure à la table du fabricant du modèle visé, et à elle seule, parce qu'elle est la seule calée sur ses formes.
Quand un modèle indique une longueur intérieure, cette donnée prime sur toute conversion. Quand elle manque, la pointure habituelle dans le pays d'origine du modèle constitue un meilleur point de départ qu'une pointure convertie deux fois. En cas d'hésitation entre deux tailles, la largeur tranche plus souvent que la longueur : la largeur du pied, cette mesure que personne ne prend, explique pourquoi.
Les cas où la table ne suffit plus
Une table ne dit rien de l'asymétrie entre le pied gauche et le pied droit, alors qu'elle est la règle plutôt que l'exception ; deux pieds de tailles différentes : que faire traite ce cas. Elle ne dit rien non plus du cou-de-pied, ni de la rigidité de la tige, deux paramètres qui décident du confort sans apparaître dans aucune conversion.
C'est pourquoi la table reste un point de départ et l'essayage la seule vérification. Les gestes qui révèlent un mauvais volume sont décrits dans essayer une paire : les gestes qui révèlent un défaut. Chez nous, un retour reste possible pendant 30 jours, et le remboursement intervient sous 14 jours après réception du retour, ce qui laisse le temps de vérifier chez soi ce qu'aucune table ne garantit.
Ce réflexe déborde la chaussure. Dans la collection accessoires comme ailleurs, une dimension exprimée en centimètres reste plus fiable qu'une taille conventionnelle, et c'est aussi vrai pour un modèle de la collection chaussures dont la fiche indique une longueur intérieure. La mesure prime toujours sur l'étiquette. Une question sur un modèle précis trouve sa réponse à support@maisontanger.com.
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