Entretenir une chaussure en simili cuir PU consiste à essuyer la tige avec un chiffon à peine humide après chaque port prolongé, à la laisser sécher à l'air libre et à température ambiante, et à écarter les crèmes nourrissantes destinées au cuir animal, sans effet sur un revêtement polyuréthane.
La confusion vient d'une habitude ancienne : les gestes d'entretien que la plupart d'entre nous ont appris ont été mis au point pour une matière animale, poreuse, qui absorbe et qui se dessèche. Un revêtement simili cuir PU ne fonctionne pas ainsi : c'est un film de polyuréthane déposé sur un support textile, et ce film ne boit rien. Tout le protocole qui suit découle de cette seule différence. Il complète les repères réunis dans notre dossier Chaussures et confort.
Ce que le polyuréthane demande réellement
Un film PU vieillit de deux façons : en surface, par abrasion et micro-rayures, et en profondeur, par hydrolyse, le polymère se relâchant lentement au contact de l'humidité de l'air. On ne peut rien contre le second mécanisme, on peut beaucoup contre le premier. L'entretien courant n'a donc pas pour but de nourrir quoi que ce soit : il consiste à retirer ce qui abrase. Poussière, sable, sel de déneigement et résidus gras agissent comme un abrasif très fin à chaque flexion de la tige. Les retirer souvent coûte peu et rapporte beaucoup.
Sur nos modèles, cette matière est la règle : les articles de la collection chaussures sont montés en simili cuir PU (polyuréthane), sans matière animale, ce qui rend le protocole ci-dessous valable pour l'ensemble de la gamme. La durée de vie d'un PU de qualité se situe entre trois et cinq ans ; l'entretien joue sur la manière dont ces années se passent, pas sur leur nombre.
Le geste courant, semaine après semaine
Trois minutes suffisent. On commence à sec : une brosse souple ou un chiffon pour ôter la poussière et le sable, en insistant sur la couture d'assemblage et sur le pourtour de la semelle, là où les particules s'accumulent. On passe ensuite un chiffon de coton à peine humide, essoré au point qu'il ne laisse pas de trace d'eau. Pour une salissure grasse, une goutte de savon neutre dilué suffit ; on rince le chiffon et on repasse à l'eau claire, faute de quoi le film savonneux restant retient la poussière.
Deux zones méritent une attention séparée. La première de propreté, à l'intérieur, reçoit la transpiration et se charge bien avant la tige ; quand elle est amovible, on la sort et on la laisse sécher à part. Et l'entrée de chaussure, où le pied frotte à chaque enfilage : c'est le premier endroit où le film s'écaille, souvent longtemps avant que la tige ne montre quoi que ce soit.
Le séchage, l'étape où se font les dégâts
La chaleur est l'ennemi principal. Un radiateur, un sèche-cheveux, un plancher chauffant ou l'habitacle d'une voiture au soleil déforment le contrefort, rétractent les colles de montage et rendent le film cassant. Une chaussure mouillée sèche à l'air, à l'écart de toute source de chaleur, posée de façon que l'air circule à l'intérieur. Du papier absorbant froissé glissé dans la chaussure accélère la chose ; on le change dès qu'il est saturé plutôt que de le laisser en place une journée entière.
Une paire qui reste humide plusieurs jours d'affilée finit par sentir, et le problème n'est pas de surface : il se traite en amont, comme l'explique notre guide sur les odeurs et l'humidité dans la chaussure. Alterner deux paires plutôt que d'en porter une seule tous les jours reste la mesure la plus efficace, et la moins coûteuse.
Les produits à écarter
Quelques familles de produits sont à tenir à distance, non par principe, mais parce qu'on observe régulièrement ce qu'elles font à un film polyuréthane.
- Les crèmes et cirages nourrissants : conçus pour pénétrer une fibre animale, ils restent en surface, forment un dépôt collant et attirent la poussière.
- L'acétone, l'alcool à brûler, les dissolvants : ils attaquent le film et laissent une zone mate irréversible.
- L'eau de Javel et les détergents alcalins : ils décolorent le revêtement et fragilisent les fils de couture.
- La machine à laver : la combinaison eau chaude, essorage et détergent décolle les montages collés.
- Les imperméabilisants siliconés en aérosol : sans utilité sur un film déjà non poreux, ils laissent souvent un voile blanchâtre.
En cas de doute sur un produit, l'essai se fait sur une zone cachée, l'arrière du talon ou l'intérieur d'un quartier, et l'on attend le séchage complet avant de juger du résultat.
Ce que l'entretien ne rattrape pas
Nettoyer une tige ne dit rien du dessous. La semelle enregistre l'appui et l'abrasion du sol, et son dessin s'efface selon un schéma lisible : savoir lire l'usure d'une semelle permet de repérer le moment où une paire demande une intervention plutôt qu'un chiffon. Selon le mode de montage, cette intervention est possible ou non ; la question du ressemelage se pose bien avant que la semelle ne soit percée, et rarement après.
Enfin, une part de l'usure d'une paire se produit quand personne ne la porte. Une chaussure écrasée au fond d'un placard pendant six mois se déforme sans rien faire ; les règles de rangement hors saison font partie de l'entretien, au même titre que le chiffon humide. Si un défaut apparaît sur une paire récente et peu portée, vous pouvez écrire à support@maisontanger.com ; les retours sont acceptés pendant trente jours.
Voir aussi
- Pointures françaises, britanniques et américaines : pourquoi les tables de correspondance divergent d'un fabricant à l'autre.
- Accorder un foulard et un sac : jouer sur les rappels de couleur sans tomber dans l'assortiment.
- Choisir sa pointure en ligne : les repères à prendre avant de commander sans essayage.
- Les sept tenues de la mariée : l'origine d'une convention et ce qu'elle ordonne encore.
- Entretenir un caftan : lavage, repassage et rangement d'une pièce brodée ou plissée.