La chaîne bandoulière est une lanière d'épaule constituée de maillons métalliques articulés, reliée au sac par une attache démontable à chaque extrémité, et qui remplace la sangle souple d'une bandoulière classique.
Elle est apparue comme réponse à un problème de forme autant que d'usage : une chaîne se replie à l'intérieur du sac, se raccourcit en la doublant, et laisse le panneau visible plutôt que de le barrer d'une bande large. Sa place dans l'ensemble des solutions de portage est décrite dans l'anatomie d'un sac et son vocabulaire.
Anatomie de la chaîne
Trois éléments la composent. Les maillons d'abord, dont la section, le pas et le mode de fermeture déterminent la souplesse et le poids ; une chaîne à maillons soudés se déforme moins qu'une chaîne à maillons simplement refermés. Les attaches ensuite : un mousqueton à chaque bout, parfois complété par un émerillon qui laisse la chaîne pivoter sans se vriller quand on repose le sac. Enfin, sur de nombreux modèles, un empiècement de confort : une bande de matière insérée sur la portion centrale, ou un cordon passé dans les maillons, dont le rôle est d'éviter le contact direct du métal avec l'épaule et le vêtement. La longueur totale se lit comme celle d'une anse, par son drop, c'est-à-dire la hauteur libre entre l'épaule et le haut du sac.
L'erreur fréquente : sous-estimer l'usure du placage
La finition dorée, argentée ou noire d'une chaîne est le plus souvent un placage galvanique, c'est-à-dire une couche déposée par électrolyse sur un métal de base. Sur une pièce fixe, cette couche est sollicitée par le frottement des vêtements et de la main. Sur une chaîne, elle est en plus sollicitée de l'intérieur : chaque maillon frotte contre ses deux voisins à chaque pas. Le résultat est prévisible et souvent mal anticipé — le placage s'ouvre d'abord aux points de contact entre maillons, laissant apparaître le métal sous-jacent, alors que la quincaillerie fixe du même sac paraît encore neuve. Ce n'est pas un défaut de fabrication, c'est la conséquence mécanique du principe même de la chaîne.
Ce que ça change à l'usage
Deux points méritent attention. Le poids propre : une chaîne pèse, et ce poids s'ajoute à celui du contenu, sur une largeur d'appui bien plus faible qu'une sangle. Pour un port prolongé, l'empiècement de confort n'est pas un ornement. Le rangement ensuite : une chaîne laissée en tas se vrille et accélère l'usure entre maillons ; il vaut mieux la déposer allongée dans le sac ou par-dessus. Un chiffon sec suffit à l'entretien, sans produit ni frottement appuyé, qui n'accélérerait que l'ouverture du placage. Ces arbitrages de charge se retrouvent à l'intérieur du sac, dans le dessin d'une cloison intérieure, la répartition des volumes d'un compartiment, le contrecollage qui raidit un panneau ou le cordon de serrage qui referme une ouverture. Nos sacs portés en bandoulière se déclinent aussi bien en sangle qu'en chaîne, sur des corps en simili cuir PU (polyuréthane), sans matière animale.