Cordon de serrage : définition et usage

Le cordon de serrage est un lien souple qui circule dans une série d'ouvertures ou de boucles réparties autour d'une ouverture de sac, et dont la traction referme cette ouverture en fronçant la matière.

C'est le principe du sac seau et du sac à dos à ouverture haute : au lieu d'une fermeture rigide sur une ligne droite, le serrage se répartit sur toute la circonférence. Le cordon peut être un lacet rond, une sangle plate ou un lien tressé, arrêté par un nœud, un stoppeur ou une simple boucle. Sa place dans les systèmes de fermeture est décrite dans l'anatomie d'un sac et son vocabulaire.

Deux façons de faire circuler le cordon

La première consiste à percer la matière et à border chaque trou d'un œillet, bague métallique sertie qui protège les bords du perçage. La seconde consiste à ne pas percer du tout et à coudre des passants ou une coulisse, tunnel de matière dans lequel le cordon circule librement. Les deux solutions ont des propriétés différentes : l'œillet donne un point de passage précis et un fronçage régulier ; le passant répartit l'effort sur une couture plutôt que sur un trou. Le fronçage obtenu se combine souvent avec un soufflet qui permet au corps du sac de s'ouvrir en largeur, et il travaille directement sur la doublure, qui doit suivre le mouvement sans tirer.

L'erreur fréquente : le perçage nu

Le point faible d'un cordon de serrage n'est presque jamais le cordon : c'est le trou dans lequel il passe. Un perçage laissé nu, sans bague ni renfort, subit à chaque serrage une pression concentrée sur quelques millimètres de bord. Le cordon agit alors comme une lame : il cisaille progressivement la matière, le trou s'ovalise dans l'axe de traction, puis se déchire vers le bord le plus proche. Sur un support enduit, la déchirure se propage souvent d'un seul coup, sans signe annonciateur. Deux vérifications avant l'achat. Regarder si chaque passage est bagué, ourlé ou doublé d'une contre-pièce ; un simple trou net, quel que soit son aspect, n'est pas une finition. Regarder ensuite la distance entre le trou et le bord supérieur : trop courte, elle ne laisse pas de matière pour reprendre l'effort, et le bord finira par s'ouvrir même avec un œillet.

Ce que ça change à l'usage

Un cordon bien monté se serre d'un geste et se relâche sans coincer. Trois habitudes prolongent sa tenue : tirer sur les deux brins symétriquement plutôt que sur un seul, ce qui évite de faire coulisser le cordon toujours dans le même sens dans les mêmes œillets ; ne pas soulever le sac par le cordon, qui n'est pas une anse et transmet tout le poids aux perçages ; ne pas laisser un nœud bloqué contre un œillet, car il use la matière par frottement localisé. Sur le reste du sac, les mêmes questions de reprise d'effort se posent au niveau d'un dé métallique cousu dans une patte, d'une couture rabattue ou d'une couture retournée, et jusqu'au curseur d'une poche zippée. Nos sacs en simili cuir PU à ouverture haute utilisent des passages bagués plutôt que des perçages nus.

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