Mousse EVA : définition et usage

La mousse EVA, pour éthylène-acétate de vinyle, est une mousse à cellules fermées employée en couche intermédiaire dans un sac, entre la matière extérieure et la doublure, pour donner du galbe et amortir les chocs.

Son intérêt tient à la structure fermée de ses cellules : elle n'absorbe pas l'humidité, ne retient pas les odeurs et reprend sa forme après compression. C'est l'une des couches invisibles que détaille notre guide sur l'anatomie d'un sac, aux côtés des toiles et des plaques de tenue.

Comment elle est posée

Elle se présente en feuilles minces, découpées légèrement en retrait du bord de la pièce pour ne pas se retrouver prise dans les coutures d'assemblage. Deux méthodes de pose dominent. Le contrecollage la solidarise à la matière de dessus par adhésif sur toute sa surface : la couche est immobile, le rendu est lisse et tendu. Le matelassage la maintient au contraire par un quadrillage cousu, qui la compartimente et crée du relief. Dans les deux cas, le bord de la feuille est biseauté par parage pour que la transition vers la zone non garnie ne se lise pas comme une marche sous la matière.

Sa présence impose quelques précautions de montage. Un œillet ou un rivet serti à travers une mousse seule perd son serrage avec le temps, la mousse fluant lentement sous la pression. Le pas de couture est allongé sur les zones garnies, un pas court perforant la ligne au lieu de la tenir. Enfin, le parement qui finit le tour d'ouverture se pose sur une matière restée mince, hors garniture, pour que le bord fini reste net.

L'erreur fréquente : la croire structurante

On attribue souvent à la mousse la tenue d'un sac : un panneau qui se dresse serait un panneau bien garni. C'est confondre deux propriétés. La mousse est compressible et élastique ; elle donne du galbe, arrondit une arête, absorbe un choc et rend le contact agréable, mais elle cède dès qu'on appuie et revient ensuite. Elle ne s'oppose pas à la flexion.

La rigidité vient d'ailleurs. C'est le rôle du raidisseur, plaque ou lame semi-rigide insérée dans un fond ou un dos, et de l'entoilage, toile thermocollée qui stabilise la matière et l'empêche de s'étirer. Un sac tenu par sa seule mousse s'affaisse dès qu'il est vide ; un sac tenu par un raidisseur garde sa ligne. À l'usage, la distinction se vérifie en pressant le panneau du pouce : si l'empreinte s'enfonce puis remonte, c'est une garniture ; si le panneau résiste franchement, il y a autre chose derrière. Le geste s'applique tel quel aux sacs en simili cuir PU, notamment aux sacs bandoulière souples, où l'on cherche souvent du galbe sans rigidité.

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