Le pas de couture est la distance qui sépare deux points consécutifs d'une même ligne de piqûre, exprimée en millimètres ou, dans l'usage d'atelier, en nombre de points par pouce.
C'est l'un des rares réglages qui se lisent à l'œil nu sur un produit fini, et l'un des plus révélateurs du soin apporté à la fabrication. Il figure parmi les repères de lecture rassemblés dans notre guide sur l'anatomie d'un sac. Sur une machine, il se règle par la griffe d'entraînement ; à la main, il est imposé par l'outil de perçage.
Ce qui détermine le réglage
Trois facteurs entrent en jeu : l'épaisseur totale à traverser, la grosseur du fil et la fonction de la ligne. Une couture d'assemblage porteuse, qui doit tenir une charge, réclame un pas plus long qu'une surpiqûre décorative de faible section. Sur les extrémités, un point d'arrêt vient sécuriser la ligne sans que l'on modifie le pas courant.
En couture main, le pas n'est pas un réglage mais une donnée : la griffe à frapper qui perce les trous a des dents espacées d'une valeur fixe, et c'est cet espacement qui donne son rythme à la ligne. La piqûre sellier se travaille ainsi, deux aiguilles se croisant dans chaque trou déjà percé. Le pas devient alors un choix de dessin autant que de mécanique : plus la griffe est espacée, plus les points sont longs et inclinés, plus la ligne se voit.
Une bonne ligne se juge à sa constance. Les points gardent la même longueur du début à la fin, y compris dans les courbes et à l'approche d'une superposition d'épaisseurs — sur une patte d'attache, par exemple, où la matière s'épaissit brusquement. Un pas qui se raccourcit dans les virages trahit un entraînement qui patine. La valeur retenue est fixée dès le patronage et reportée sur l'ensemble du modèle, y compris sur les pièces secondaires comme un passant ou l'insertion d'un passepoil, pour que toutes les lignes visibles dialoguent entre elles.
L'erreur fréquente : croire qu'un pas serré est plus solide
L'intuition paraît solide : plus de points, donc plus de matière tenue, donc plus de résistance. Elle est fausse au-delà d'un certain seuil. Chaque point est un trou. Rapprocher les trous revient à percer une ligne de perforations continue, exactement comme la dentelure d'un timbre-poste, dont la fonction est précisément de faciliter la déchirure. La matière se rompt alors le long de la couture, non parce que le fil a lâché, mais parce que le support a été affaibli d'un trou à l'autre.
Le réglage juste est un compromis : assez de points pour répartir l'effort, assez de matière entre eux pour qu'elle porte. À l'usage, un pas trop court se repère à une ligne qui paraît gaufrée, la matière se creusant entre les points, et à un bord qui ondule. C'est un critère de lecture simple sur les sacs en simili cuir PU, et particulièrement sur les coutures d'attache des sacs bandoulière, qui travaillent en permanence.