Le passant est une boucle étroite, fixe ou coulissante, dans laquelle on engage l'excédent de sangle après réglage pour l'empêcher de pendre et de se dégager.
C'est une pièce modeste dont l'absence se remarque aussitôt : sans elle, la longueur libre bat contre le corps, s'accroche et finit par ressortir de la boucle. Elle appartient au système de portage décrit dans notre guide sur l'anatomie d'un sac, et n'a de sens que sur une sangle réglable : une sangle de longueur fixe n'a pas d'excédent à ranger.
Fixe ou coulissant
Le passant fixe est solidaire d'une pièce du sac ou de la sangle : il est cousu à demeure juste après la boucle coulissante et reçoit le brin retour. Sa position est calculée au patronage, car un passant trop proche de la boucle bloque le réglage et un passant trop éloigné laisse une longueur qui flotte.
Le passant coulissant, ou passant baladeur, est un anneau libre qui se déplace le long de la sangle et suit le réglage choisi. Plus polyvalent, il exige une confection soignée : sa boucle, faite d'une bande repliée et refermée sur elle-même, travaille en frottement permanent. On le distingue nettement d'un dé métallique, qui est un point d'ancrage rigide et non un rangement de surlongueur. Les mêmes gestes de finition que sur une patte d'attache ou une patte de fermeture s'y appliquent : bords repliés, angles dégagés, couture qui traverse toutes les épaisseurs. Un passepoil n'y a en revanche pas sa place, la pièce devant rester la plus mince possible pour laisser passer la sangle.
L'erreur fréquente : le passant collé ou soudé
Pour gagner une opération, certains passants sont simplement collés sur eux-mêmes, ou refermés par soudure haute fréquence. Le procédé donne un résultat très propre à la sortie d'atelier : pas de fil visible, pas de surépaisseur, une boucle parfaitement régulière. Le défaut apparaît à l'usage. La jonction ne travaille qu'en cisaillement, sur une surface réduite, et subit un frottement continu à chaque passage de la sangle. Elle s'ouvre alors bien avant que la sangle, elle, ne montre le moindre signe de fatigue.
Un passant durable est cousu, et de préférence sur toute la largeur, la couture reprenant l'effort que le collage ne peut pas tenir seul. La vérification est immédiate : on écarte la boucle du pouce et de l'index et l'on regarde la jonction. Si l'on ne voit aucun fil, la fermeture repose sur un adhésif ou une soudure. Le contrôle mérite d'être fait sur toute sangle de sac en simili cuir PU, et d'abord sur les sacs bandoulière, dont la sangle est réglée et déréglée sans cesse.