La jellaba se porte au Maroc par tout le monde, et l'on entend souvent qu'il s'agit du même vêtement pour la femme et pour l'homme. C'est presque vrai — la construction de base est commune — mais les différences réelles de coupe, de tissus et d'ornementation sont nettes dès qu'on regarde de près. Ce comparatif s'inscrit dans le guide du vestiaire marocain, qui replace la jellaba parmi le caftan, la takchita et les autres pièces du répertoire.
La coupe : épaules, cintrage, largeur du bas
La jellaba homme reste droite : épaules posées, buste non cintré, tombé régulier des épaules aux chevilles, avec une largeur de bas contenue qui facilite la marche sans dessiner la silhouette. La jellaba femme se permet davantage : un léger cintrage à la taille, des épaules plus ajustées, parfois une ampleur du bas plus généreuse qui donne du mouvement. La capuche — le qob — est commune aux deux, signature qui distingue la jellaba de sa voisine du Golfe, comme l'explique le comparatif jellaba ou abaya. L'une comme l'autre se portent aussi en version ample et droite : l'oversize est un choix de style, pas un marqueur de genre.
Tissus et ornements
Côté homme, la sobriété domine : laine, coton, teintes unies — écru, brun, gris — et une ornementation réduite aux galons discrets. Côté femme, la palette s'ouvre : couleurs franches, broderies, passementeries, boutons décoratifs le long de la fermeture. Les versions habillées empruntent des étoffes fluides, et le choix d'un voile — le duel mousseline ou georgette en donne la mesure — change entièrement le tombé d'un même modèle. La jellaba femme dialogue ainsi avec le reste du vestiaire féminin, jusqu'aux pièces d'intérieur et de nuit — le comparatif nuisette ou chemise de nuit en montre l'autre extrémité.
Les codes de port
La jellaba homme se porte libre, sans accessoire de taille : le vêtement tombe, point. La jellaba femme se porte le plus souvent libre aussi, mais tolère des jeux d'accessoires que le vestiaire masculin ignore — un foulard, des bijoux visibles, et pour d'autres pièces du répertoire un accessoire de taille, arbitrage détaillé dans le comparatif mdamma ou ceinture textile. Dans les deux cas, la jellaba reste un vêtement de sortie : sa fonction publique est la même pour tous.
Tableau comparatif
| Critère | Jellaba homme | Jellaba femme |
|---|---|---|
| Coupe | Droite, non cintrée | Cintrage léger possible, bas plus ample |
| Tissus | Laine, coton, unis sobres | Palette large, étoffes fluides admises |
| Ornements | Galons discrets | Broderies, passementeries, boutons décoratifs |
| Capuche | Le qob, toujours | Le qob, toujours |
Verdict
Il n'y a pas de gagnant : ce sont deux déclinaisons d'un même vêtement, et le critère décisif est la coupe aux épaules et la largeur du bas, à choisir selon sa morphologie et l'aisance recherchée — pas selon l'étiquette. Une femme peut préférer la rigueur d'une coupe droite dite homme ; une coupe légèrement cintrée peut simplement mieux tomber. Pour composer la tenue complète, la collection de caftans et robes marocaines couvre le registre plus habillé, et un modèle de la sélection de sacs marocains accompagne la jellaba de sortie sans rompre son registre.