Le GOTS (Global Organic Textile Standard) est un référentiel international qui certifie les textiles composés de fibres naturelles issues de l'agriculture biologique, en encadrant à la fois la composition du produit et les procédés de transformation, de teinture et de confection tout au long de la chaîne.
Son périmètre est donc double, et c'est ce qui le distingue d'un simple label de matière première : il fixe un pourcentage minimal de fibres biologiques, mais il impose aussi des restrictions sur les intrants chimiques et des exigences sociales aux ateliers. Le guide des matières de maroquinerie le range parmi les repères utiles pour lire une composition, à condition de savoir ce qu'il couvre.
Ce que le référentiel encadre
Le GOTS s'applique à des fibres naturelles cultivées : coton, lin, chanvre, laine notamment. La certification suit la matière depuis la récolte jusqu'au produit fini, chaque maillon devant être lui-même certifié pour que la chaîne reste valide. Un vêtement ou une doublure certifiée porte donc un numéro de licence et un organisme de contrôle identifiable, pas seulement une mention imprimée. Cette logique de traçabilité par maillon est la même que celle du GRS (Global Recycled Standard), qui remplit le rôle équivalent pour les contenus recyclés. Une fibre artificielle comme le lyocell, obtenue par dissolution de pâte de bois, sort en revanche du champ du GOTS : sa cellulose est d'origine végétale, mais elle n'est pas une fibre naturelle filée telle quelle et relève d'autres schémas de certification.
L'erreur fréquente : invoquer le GOTS pour une matière synthétique
C'est le contresens le plus répandu. Une enduction polyuréthane, un support en polyester, une doublure synthétique ne peuvent pas être certifiés GOTS, non pas parce qu'ils seraient mal notés, mais parce qu'ils se situent hors du périmètre du référentiel, qui ne connaît que les fibres naturelles biologiques. Écrire « simili cuir PU certifié GOTS » n'a donc aucun sens technique. Au mieux, une pièce mixte peut comporter un élément textile certifié — un cordon, une doublure coton — et cette mention doit alors préciser exactement quelle partie est concernée et dans quelle proportion. Une allégation globale posée sur un produit majoritairement synthétique est trompeuse, même sans intention de tromper.
Ce que ça change quand on lit une étiquette
Trois vérifications suffisent. Le label est-il accompagné d'un numéro de licence et du nom de l'organisme certificateur ? Porte-t-il sur le produit entier ou sur un composant identifié ? La matière annoncée est-elle bien une fibre naturelle, et non une surface travaillée ? Ce dernier point mérite attention, car un vocabulaire de finition ressemble à un vocabulaire de matière sans en être un : un grain saffiano, un grain grainé, un grain lisse ou un grain croco façonné décrivent l'aspect d'une surface gaufrée, jamais la composition d'une fibre, et aucun d'eux ne relève d'une certification biologique. Sur les sacs en simili cuir PU et les portefeuilles et petite maroquinerie, les matières sont décrites pour ce qu'elles sont : simili cuir PU (polyuréthane), sans matière animale, sans revendication de label qui ne s'y appliquerait pas.