Lyocell : définition et usage

Le lyocell est une fibre de cellulose régénérée obtenue en dissolvant de la pâte de bois dans un solvant organique, puis en extrudant la solution en filaments ; le solvant est récupéré et réemployé en circuit quasi fermé, ce qui distingue le procédé de celui des autres cellulosiques artificielles.

Le mot désigne un procédé avant de désigner un tissu. Comme la viscose, le lyocell part de bois ; contrairement à elle, il n'exige pas d'étape de xanthation au sulfure de carbone, et son bain de filature est recyclé au lieu d'être rejeté. C'est ce qui lui vaut sa place parmi les fibres cellulosiques présentées dans le guide des matières de maroquinerie, au chapitre des doublures et des textiles d'habillement.

Comment on le reconnaît

À la main, le lyocell est frais, fluide et lourd pour son épaisseur : il tombe droit au lieu de gonfler. Il absorbe bien l'humidité, ce qui le rend confortable en doublure et en vêtement d'été. Sa surface est lisse et peu pelucheuse, avec un léger lustre mat qui n'a rien du brillant d'un satin. Une variante, dite fibrillée, développe un duvet de surface volontaire, obtenu en travaillant mécaniquement le tissu mouillé — c'est ce qui donne l'aspect pêche de certains lyocells.

Il ne se confond ni avec une mousseline, beaucoup plus légère et transparente, ni avec une microfibre, qui est un non-tissé synthétique destiné à l'enduction et non un tissu d'habillement. Sur les certifications, un lyocell peut porter des labels de procédé ou de chaîne de contrôle ; le référentiel GOTS, lui, s'applique aux fibres naturelles biologiques et ne couvre pas les cellulosiques artificielles, ce que beaucoup d'étiquettes laissent croire à tort.

L'erreur fréquente : prendre une marque pour la matière

Le lyocell est un nom générique de fibre, au même titre que le coton ou le polyester, et c'est ce nom qui doit figurer sur une étiquette de composition. Les noms commerciaux déposés par des producteurs — Tencel en est le plus connu — désignent du lyocell fabriqué par une entreprise donnée, avec son propre cahier des charges. Écrire « 100 % Tencel » à la place de « 100 % lyocell » revient à confondre une marque avec une catégorie, et rend la comparaison entre deux articles impossible : un lyocell de marque et un lyocell sans marque restent la même famille de fibre, dont la qualité dépend surtout du titrage, du tissage et de la finition.

À l'usage, cette confusion coûte cher en entretien. Le lyocell se lave à basse température, supporte mal l'essorage violent et se froisse franchement ; il se repasse tiède, sur l'envers. Rangé humide dans un espace fermé, il nourrit la moisissure comme n'importe quelle cellulose. Et parce qu'il s'agit d'un textile et non d'une enduction, il ne connaît pas la migration de plastifiant qui guette les surfaces plastifiées : on ne lui applique donc ni lait ni produit de traitement pour matière enduite. En doublure de sacs en simili cuir végane ou d'accessoires de petite maroquinerie, il apporte de la douceur sans charger l'article.

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