Handira : définition et origine

La handira est la cape de mariée amazighe du Moyen Atlas, tissée en laine et semée de paillettes métalliques, que la jeune femme porte sur les épaules le jour de la noce avant qu'elle ne soit conservée dans la maison.

C'est un objet de cérémonie doublé d'un objet de mémoire, ce qui explique sa place à part dans le vestiaire d'apparat que décrit notre guide du vestiaire marocain.

Comment elle est faite

La pièce est tissée au métier vertical, comme les autres productions du tissage du Haut Atlas et des massifs voisins, en laine bergère écrue le plus souvent. Le fond est un tissage à plat, souvent rayé, sur lequel viennent deux traitements : des rangs de laine bouclée ou frangée sur une partie de la surface, et surtout des sequins métalliques insérés un à un pendant le tissage, chacun retenu par un fil. La densité des paillettes varie, et leur disposition suit des bandes horizontales. Le revers est généralement lisse : c'est l'endroit qui reçoit les sequins. La cape est ensuite portée sur les épaules, parfois fermée par une fibule tizerzai plutôt que cousue, ce qui laisse le drapé libre.

Ce qu'elle signifie

La handira n'est pas un simple ornement. Les paillettes ont une fonction déclarée de protection et de bruit — elles tintent au mouvement — et la cape accompagne un moment de passage précis. Après la cérémonie, elle ne retourne pas au vestiaire courant : elle est pliée et gardée, exposée parfois dans la pièce principale. Cette double vie, portée puis conservée, la rapproche de l'akhnif, autre pièce tissée à forte charge symbolique, et la sépare nettement des textiles domestiques.

L'erreur : ce n'est pas un plaid

Vendue hors contexte, la handira est souvent présentée comme un jeté de canapé ou un plaid décoratif. La confusion est compréhensible — le format s'y prête — mais elle efface la fonction cérémonielle et, plus concrètement, elle conduit à un mauvais usage. Une handira n'est pas construite pour l'abrasion d'une assise : les sequins s'accrochent, les fils qui les retiennent cèdent, et les rangs frangés s'aplatissent sous le poids. Une pièce ancienne authentique se reconnaît à l'irrégularité de la pose des sequins, à leur oxydation inégale et à la présence de reprises anciennes ; les productions récentes destinées à la décoration alignent des paillettes régulières sur un tissage plus lâche.

Ce que cela change à l'usage

Une handira se range à plat ou roulée sur un tube, jamais pliée longtemps sur les mêmes lignes, qui finissent par casser la laine. Elle ne se lave pas en machine : un dépoussiérage doux et une aération suffisent, et un nettoyage humide localisé se fait sans frotter les zones à sequins. Portée, elle se pose sur une base simple — une tunique droite, une robe unie — et se retient à la taille par une ceinture hzam si l'on veut structurer la silhouette. Les hommes ont leur équivalent de fête dans le jabador, tout autre dans la coupe. Les motifs de henné et les étoffes teintes à l'indigo complètent l'ensemble nuptial dans plusieurs régions. Les tons écrus et argentés de la handira s'accordent avec les pièces claires de la collection caftans et robes marocaines.

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