Jabador : définition et origine

Le jabador est un ensemble marocain en deux pièces, composé d'une tunique droite s'arrêtant entre la hanche et le genou et d'un pantalon assorti, porté comme tenue de fête plus légère que le caftan.

Il s'est diffusé au XXe siècle dans les garde-robes masculines puis féminines et occupe aujourd'hui une position intermédiaire entre le vêtement de cérémonie et la tenue habillée du quotidien, comme l'explique notre guide du vestiaire marocain.

La coupe

La tunique est droite, fendue sur les côtés, avec une encolure ronde ou en V prolongée par une petite patte boutonnée. Les manches sont longues et non ajustées. Le pantalon est coupé large en haut et resserré vers le bas, plus près du corps qu'un véritable sarouel, dont il dérive en le simplifiant. L'ensemble est assorti : même étoffe, même finition. Le décor se concentre sur trois zones — l'encolure, les poignets et les fentes latérales — traitées en passementerie appliquée, en galon ou en boutonnage décoratif. Ces fermetures tressées relèvent du travail d'aakad, les boutons et boutonnières en fil qui signent la finition marocaine soignée.

L'erreur : deux pièces, pas une

La confusion la plus fréquente oppose le jabador à la gandoura. La règle est simple et sans exception : la gandoura est une pièce unique, une tunique portée seule ; le jabador est un ensemble, tunique plus pantalon, conçus et vendus ensemble. Une tunique de jabador portée sans son pantalon n'est pas une gandoura pour autant — elle est généralement plus courte, plus fendue et coupée pour laisser voir le bas. Second repère : le jabador se distingue aussi du caftan, vêtement long d'une seule pièce ouvert sur toute la hauteur du devant, dont il se sépare par la longueur et par la présence du pantalon.

Quand le porter

Le jabador couvre les occasions où le caftan serait trop solennel : réceptions de jour, repas de famille, cérémonies où l'on doit rester mobile. Il est moins codifié que les ensembles d'apparat comme la keswa el kbira, dont chaque élément est prescrit. Les accessoires suivent la même logique de sobriété : un pendentif khamsa discret, ou pour les tenues féminines une parure de cheville khelkhal, plutôt qu'une accumulation de bijoux. Une jellaba peut se porter par-dessus pour sortir, ce que la longueur du caftan rend malaisé.

Ce que cela change à l'usage

L'ensemble se choisit sur deux mesures indépendantes, épaules pour la tunique et taille pour le pantalon, ce qui rend le jabador plus tolérant qu'une pièce unique. Il se lave séparément mais se sèche ensemble, pour que les deux pièces vieillissent au même rythme : une différence de nuance entre haut et bas se voit immédiatement sur un ensemble assorti. Le repassage se fait sur l'envers, en contournant les galons. Pour compléter une tenue, on reste sur des accessoires unis et des lignes calmes, à l'image des modèles de la collection sacs marocains.

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