PFAS et traitement déperlant : définition et usage

Les PFAS sont une famille de composés perfluorés et polyfluorés, employés de longue date dans les finitions textiles parce que leurs chaînes fluorées repoussent à la fois l'eau et les corps gras ; leur très grande stabilité chimique, qui explique leur efficacité, explique aussi leur persistance dans l'environnement et la restriction progressive de leur usage.

Un traitement déperlant ne rend pas une matière imperméable : il modifie l'énergie de surface pour que l'eau perle et roule au lieu de s'étaler. Avec le fluor, cette modification s'étend aux graisses et aux huiles, ce qu'aucune autre chimie ne fait aussi bien. C'est la raison pour laquelle les finitions fluorées se sont imposées, et c'est aussi ce que rappelle le guide des matières de maroquinerie quand il distingue une matière protégée d'une matière étanche.

Ce que la restriction a changé

La réglementation européenne a d'abord visé les composés à longue chaîne, les plus persistants et les mieux documentés, avant d'élargir le périmètre à des familles de plus en plus larges. L'industrie textile a répondu en développant des déperlants sans fluor, à base de polymères hydrocarbonés ou de dérivés siliconés, désignés sur les fiches techniques par des mentions du type PFC-free ou sans fluor.

Sur une matière enduite, la question se pose différemment que sur un textile ouvert : c'est le vernis de finition (top coat) qui assure l'essentiel de la barrière, le film polymère étant par lui-même peu perméable. Le déperlant y joue un rôle d'appoint sur les coutures, les doublures et les toiles associées. Sur une peau, y compris une pleine fleur, il s'agit au contraire du principal recours, la fleur restant naturellement absorbante.

L'erreur fréquente : attendre d'un sans-fluor la même endurance

On lit souvent que les déperlants sans fluor font aussi bien. Sur l'eau pure, ils font effectivement très bien : une goutte perle proprement sur un textile neuf traité sans fluor. Deux écarts subsistent, et il vaut mieux les connaître que les découvrir. Le premier porte sur les corps gras : sans chaîne fluorée, un déperlant ne repousse pas l'huile, la crème solaire ou les graisses alimentaires, qui pénètrent et tachent. Le second porte sur la durée : la finition sans fluor s'use plus vite aux lavages et aux frottements, et l'effet perlant s'estompe là où le tissu travaille — épaules, poignées, angles.

À l'usage, cela impose deux ajustements. On considère la déperlance comme un consommable, à raviver plutôt qu'à tenir pour acquis : une chaleur douce, au fer tiède avec pattemouille ou au sèche-linge quand l'étiquette l'autorise, réoriente les chaînes du traitement et redonne du perlant. Et l'on cesse de compter dessus pour les taches grasses, qui se traitent à la source, rapidement, avant qu'elles ne migrent. Cela vaut pour les toiles associées aux sacs en simili cuir végane comme pour les doublures de la petite maroquinerie.

Trois points de comparaison pour situer ce sujet : un déperlant ne protège pas de la photo-oxydation, qui vient de la lumière et non de l'eau ; il ne compense pas un plastifiant mal choisi ; et il s'applique aussi bien aux matières biosourcées comme le Piñatex qu'aux synthétiques.

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