Poterie de Safi : définition et origine

La poterie de Safi est la production céramique de la Colline des Potiers, sur la côte atlantique marocaine, reconnaissable à ses émaux bleus et polychromes peints sur une terre claire.

Elle fait partie des savoir-faire régionaux qui entourent le vestiaire et l'art de vivre marocains, au même titre que les métiers du textile : même logique d'atelier, même transmission par apprentissage, même rattachement à une ville précise.

Une colline, des fours, une filiation

La production s'organise sur une hauteur dominant la ville, où les ateliers, les fours et les boutiques sont voisins. Elle se structure au XIXe siècle avec l'installation de céramistes venus de Fès, qui apportent le décor peint citadin et la maîtrise des émaux, puis se développe au cours du XXe siècle jusqu'à devenir l'une des identités de la ville. La terre est tournée, biscuitée, puis recouverte d'un émail sur lequel le décorateur peint à main levée avant la seconde cuisson : le trait est donc porté par la glaçure et non gravé dans la terre.

Ce vocabulaire décoratif — entrelacs, rosaces, réseaux étoilés — vient du même fonds que le zellige, où le dessin naît au contraire de la découpe de carreaux émaillés monochromes. À Safi, la géométrie est peinte ; dans le zellige, elle est assemblée. Le rapprochement avec les ateliers de Marrakech tient de la même façon à des filiations d'artisans plus qu'à une technique commune.

Safi n'est pas Tamegroute

L'amalgame est courant dès qu'on parle de céramique marocaine. La poterie de Tamegroute vient du sud, de la vallée du Drâa, et repose sur une tout autre chaîne technique : un émail vert obtenu à partir d'oxydes métalliques, une cuisson en four à bois enterré, une surface volontairement irrégulière. Safi, au contraire, travaille le décor peint, la polychromie et une glaçure lisse et couvrante. Deux régions, deux fours, deux esthétiques : un objet vert coulant n'est pas un Safi, et un objet bleu à décor peint n'est pas un Tamegroute.

Comment lire une pièce

Sur un Safi authentique, le décor est posé au pinceau : on suit les reprises de trait, les légers empâtements aux départs et la variation d'épaisseur dans les courbes. Un décalque ou un transfert industriel donne au contraire une ligne d'épaisseur constante et une trame régulière visible de près. Les bases sont souvent laissées brutes, ce qui permet de voir la couleur réelle de la terre. Comme partout dans l'artisanat marocain, la spécialité se lit à la ville : le tapis et la broderie à Rabat, la randa ajourée sur les bordures de caftans, le tressage du raphia à Marrakech et à Fès, la céramique peinte à Safi. C'est cette carte des métiers qui inspire les coloris de la sélection sacs marocains.

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