Toucher pêche : définition et fabrication

Le toucher pêche, ou peach skin, est un fini de surface très légèrement duveteux et mat, obtenu soit par émerisage mécanique d'un textile, soit par une enduction chargée de fibres courtes, dont la main évoque la peau d'un fruit plutôt qu'un velours.

Le mot décrit une sensation tactile, pas une composition : c'est un état de surface, obtenu par des voies différentes selon les matières, comme le détaille le guide des matières de maroquinerie. Il ne dit rien de la fibre employée, ni de l'épaisseur, ni de la résistance de la pièce.

Deux voies de fabrication

La première est mécanique. Le tissu passe sur des cylindres garnis de papier abrasif ou de lames fines qui rompent l'extrémité des filaments en surface : c'est l'émerisage. Le duvet obtenu est très court, régulier, et n'a pas la direction marquée d'un poil couché. La finesse du résultat dépend du titre des filaments — une microfibre donne un duvet nettement plus dense qu'un fil standard.

La seconde est chimique. Une enduction chargée de particules ou de fibrilles courtes est déposée sur le support, puis séchée : la surface qui en résulte est mate et légèrement accrocheuse au doigt. Cette voie sert notamment aux similis à aspect suédé, où l'on cherche un rendu proche du daim sans matière animale. La différence entre les deux tient à la profondeur du duvet : émerisé, il fait partie du tissu ; enduit, il appartient à une couche rapportée, dont la tenue dépend de son adhérence au support.

L'erreur fréquente : y voir un nubuck

C'est la confusion la plus répandue en boutique. Un fini duveteux et mat évoque immédiatement le nubuck, cuir animal poncé côté fleur, ou le daim, poncé côté chair. Or le toucher pêche est un procédé de surface, applicable à n'importe quel support, y compris entièrement synthétique. Deux repères permettent de trancher : le duvet d'un nubuck se couche et change de nuance selon le sens de la caresse, effet dit d'écriture, très peu marqué sur un émerisé synthétique ; et la tranche d'une matière enduite montre un empilage de couches là où une peau présente une section homogène et fibreuse. Le toucher, à lui seul, ne prouve rien.

Ce que cela change à l'usage

Une surface duveteuse retient davantage la poussière qu'un fini lisse et accroche les textiles au contact, ce qui la rend un peu plus exposée au transfert de couleur venu d'un vêtement neuf. Elle s'entretient à la brosse douce, dans un seul sens, jamais au chiffon humide qui plaque le duvet. Un traitement déperlant peut être appliqué pour limiter l'absorption des taches, au prix d'une main légèrement plus sèche. On rencontre ce fini surtout en doublure et en poche intérieure des sacs en simili cuir PU, où il protège les objets fragiles, et sur les intérieurs de petite maroquinerie. À noter enfin, un fini duveteux ne se marie pas avec toutes les finitions : il se combine mal aux films lisses de TPU et impose de dégager les bords avant une tranche peinte.

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