Le PU et le PVC sont deux revêtements plastiques appliqués sur un support textile, mais ils ne se comportent pas de la même façon : le polyuréthane est souple, laisse mieux passer l'air et se plie sans blanchir, tandis que le polychlorure de vinyle est plus rigide, moins coûteux et plus étanche, mais devient cassant au froid.
Le commerce les confond volontiers sous l'étiquette « cuir vegan », qui ne désigne rien de précis : ni l'un ni l'autre n'est du cuir, et le décret 2010-29 réserve ce mot au seul matériau issu de la peau animale. Nos articles se désignent donc « simili cuir PU », et cette précision n'est pas cosmétique : elle indique le polymère, donc le comportement à l'usage. Le reste des matières est passé en revue dans notre guide des matières de maroquinerie.
Le PU (polyuréthane)
Le PU fait bien ce qu'on attend d'un revêtement de maroquinerie : il est souple, il suit le mouvement, il se plie et se déplie sans que le pli blanchisse ou marque durablement. Sa structure microporeuse laisse passer un peu d'air et de vapeur, ce qui limite l'effet moite au contact du corps. Il se colore finement, accepte les finitions mates comme brillantes, et vieillit progressivement plutôt que par rupture. Un PU de qualité tient de 3 à 5 ans d'usage courant.
Sa limite est chimique et il faut la dire : le polyuréthane se dégrade par hydrolyse. Avec l'humidité et le temps, le revêtement finit par se déliter, s'écailler ou se décoller du textile support — un phénomène qui s'accélère dans un placard humide. Il craint aussi l'abrasion sur les angles et les tranches, où la couche est la plus fine. Le PU ne s'entretient pas comme du cuir : il ne se nourrit pas, il se nettoie.
Le PVC (polychlorure de vinyle)
Le PVC a de vrais atouts. Il est nettement moins cher à produire, très étanche, et sa surface lisse se nettoie d'un coup d'éponge sans absorber les taches. Il résiste bien à l'abrasion de surface et ne se délite pas par hydrolyse comme le PU. Pour un sac de piscine, un tablier, une housse ou un contenant qui prend l'eau, c'est un choix rationnel.
Sa limite est sa souplesse — ou plutôt la manière dont elle est obtenue. Le PVC n'est souple que grâce à des plastifiants ajoutés, qui migrent lentement hors de la matière : avec les années, le revêtement durcit, devient cassant et craque aux plis. Au froid, ce durcissement est immédiat, et un pli sollicité par temps négatif peut fendre franchement. Le PVC est également plus étanche à la vapeur, donc plus collant au contact prolongé de la peau, et son odeur caractéristique met du temps à disparaître.
Critère par critère
- Souplesse — le PU gagne, et l'écart se sent immédiatement en main : c'est le critère décisif pour une pièce portée près du corps.
- Tenue au froid — le PU gagne encore : le PVC durcit et se fissure aux plis quand la température descend.
- Étanchéité — le PVC gagne : sa barrière est plus complète, ce qui le rend pertinent pour un usage humide assumé.
- Confort au contact — le PU gagne, parce qu'il laisse passer un peu de vapeur là où le PVC bloque tout.
- Coût — le PVC gagne à la production, ce qui explique sa présence sur les articles d'entrée de gamme.
- Vieillissement — match nul, mais pas pour les mêmes raisons : le PU se délite par hydrolyse, le PVC durcit par perte de plastifiants. Aucun des deux n'est éternel.
- Rendu et finitions — le PU accepte des grains plus fins et des teintes plus profondes ; l'aspect du PVC reste plus plastique, ce qui se voit surtout au voisinage d'une quincaillerie dorée ou noire, qui met la surface en contraste.
- Tenue de forme — aucun des deux ne structure un sac à lui seul : c'est le montage intérieur qui le fait, et l'arbitrage se joue entre un renfort carton et un renfort mousse.
Ces deux matières restent des revêtements synthétiques, à distinguer nettement des fibres végétales comme le raphia et le jute, et du matériau animal lui-même, dont les implications réglementaires sont détaillées dans la comparaison entre le simili cuir PU et le cuir animal. C'est pour ces raisons de souplesse et de confort que nos sacs en simili cuir PU sont montés en polyuréthane et non en PVC.
Le verdict
Le PU gagne pour tout ce qui se porte : sac au contact du buste ou de la hanche, anse manipulée cent fois par jour, petite maroquinerie qu'on plie et déplie, pièce utilisée par temps froid. Sa lectrice type est celle qui cherche une matière sans origine animale qui se comporte de façon proche du cuir à l'usage, et qui accepte de la protéger de l'humidité prolongée pour en tirer plusieurs années.
Le PVC garde sa place dans un registre strictement utilitaire et mouillé : cabas de piscine, protection, contenant qu'on rince. Sa lectrice type est celle qui veut un objet lavable, peu coûteux et sans exigence de tombé, et qui sait qu'il ne faudra pas le plier en hiver. Sur un article destiné à durer et à être porté, l'écart n'est pas discutable : ce ne sont pas deux versions du même produit.