La gandoura et la tagandourt : la tunique sans manches

La gandoura est une tunique ample du Maghreb, sans manches ou à manches très courtes, enfilée par la tête ; tagandourt est son nom en amazighe. Portée selon les régions et les époques par les hommes comme par les femmes, elle est l'une des pièces les plus simples et les plus anciennes du vestiaire nord-africain.

Dans le vestiaire marocain, du caftan à la jellaba, la gandoura occupe la place du vêtement de fond : celui qu'on porte sous ou avant les pièces plus construites, et qui survit à toutes les modes précisément parce qu'il ne prétend à rien.

Origines et variantes régionales

La gandoura appartient à la famille des tuniques droites : deux lés d'étoffe assemblés, une encolure, des ouvertures pour les bras. Coton ou laine légère selon les saisons, versions unies ou rayées, longueurs variables — la formule se décline de la Méditerranée au Sahara, et les appellations changent d'une région à l'autre ; il serait imprudent d'assigner à chaque nom une définition unique valable partout. À la différence des drapés non cousus comme le haïk, ce grand voile urbain aujourd'hui presque disparu, la gandoura est un vêtement cousu, ce qui la rattache à l'histoire des vestiaires citadins et ruraux où la couture s'est imposée. Certaines pièces urbaines proches lui doivent aussi des raffinements venus d'ailleurs : l'apport andalou au vestiaire marocain a surtout marqué les vêtements d'apparat, la gandoura restant du côté de l'usage courant.

Gandoura, djellaba, caftan : ne pas confondre

Trois pièces, trois logiques. La djellaba se reconnaît à sa capuche et à ses manches longues : c'est le vêtement d'extérieur par excellence. Le caftan est une robe d'apparat, longue, souvent fermée par une rangée de boutons passementés, et fréquemment ceinturée — traditionnellement d'une pièce tissée comme le hzam de Fès, ceinture sortie d'un métier à la tire. La gandoura, elle, n'a ni capuche ni manches longues ni boutonnage : c'est la tunique dans sa version la plus dépouillée. Confondre ces termes, comme le font souvent les descriptions commerciales pressées, revient à effacer des distinctions que le vestiaire marocain maintient clairement.

Ce qu'on observe aujourd'hui

La gandoura vit très bien : vêtement d'intérieur, tenue d'été, pièce de détente portée à la maison ou à la plage. Sa coupe droite en fait aussi un vêtement volontiers unisexe. Elle accompagne les moments de confort du quotidien — on l'enfile volontiers au sortir du hammam, dont le rituel a ses propres tenues et accessoires — et les tailleurs contemporains en proposent des versions en lin, en coton léger ou en viscose, parfois rehaussées de galons.

Le regard Maison Tanger

La gandoura est une leçon de dessin : une silhouette juste n'a pas besoin d'artifices. C'est une idée que Maison Tanger applique à sa manière — coupes nettes côté vestiaire, dans la collection caftans et robes marocaines, et volumes simples côté maroquinerie, avec des sacs marocains en simili cuir PU, sans matière animale, pensés pour accompagner ces tenues sans les alourdir.

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