Burnous : définition et origine

Le burnous est un manteau-cape de laine à capuchon, sans manches, d'origine amazighe, attesté en Afrique du Nord depuis l'Antiquité et porté jeté sur les épaules par-dessus le reste de la tenue.

Il constitue l'une des pièces de dessus du vestiaire marocain, au même titre que la jellaba, dont il se distingue par l'absence de manches et de couture latérale : la jellaba est un vêtement enfilé, le burnous une cape fermée seulement au cou.

Comment on le reconnaît

La coupe est un demi-cercle ou un large trapèze de laine, cousu à la seule couture du dos ou tissé d'un tenant, prolongé d'un capuchon pointu au milieu du bord droit. Il n'y a ni emmanchure ni boutonnage : une attache au col, parfois un simple cordon, suffit. La laine est foulée, souvent écrue, brune ou noire, dans une qualité qui va du tissage rustique au drap fin. Les modèles de cérémonie ajoutent une bordure tressée au capuchon et parfois un gland terminal.

L'erreur fréquente : opposer burnous et selham

On lit souvent que le selham serait un vêtement différent du burnous. Il s'agit en réalité du même type de manteau-cape, désigné au Maroc par le mot selham et dans l'usage français, largement diffusé par l'iconographie coloniale du XIXe siècle, par le mot burnous. Les variantes qui existent — longueur, finesse du drap, présence d'une bordure — sont régionales et sociales, non typologiques. Traiter les deux termes comme deux vêtements distincts revient à confondre un mot et une chose.

Ce que ça change à l'usage

Une cape sans manches se porte différemment d'un manteau : elle couvre bien le dos et les épaules mais laisse les bras libres et exposés, ce qui explique qu'on la referme d'un geste du poignet plutôt que d'un bouton. La laine foulée coupe le vent et supporte la pluie fine, mais elle est lourde et sèche lentement. Le lavage en machine la feutre et rétrécit le demi-cercle : on brosse à sec, on aère, on confie le reste à un nettoyage professionnel. Le capuchon, point de tension permanent, est la première zone à se déformer.

Autour du burnous

Le vestiaire de montagne produit d'autres capes, dont l'akhnif des Aït Ouaouzguit, tissé avec son décor et non uni comme le burnous. Côté féminin, la tenue s'organise autour du caftan et de la chaussure brodée appelée cherbil, tandis que les coquillages cauris ponctuent les parures et les capuchons d'apparat. Les ateliers de laine de Chefchaouen comptent parmi les fournisseurs historiques de ces draps. Ce goût des lignes amples et des laines sombres se retrouve dans les coupes de nos caftans et robes marocaines.

Voir aussi

Retour au blog