La jellaba est une longue tunique ample à manches longues, dotée d'un capuchon pointu appelé qob, portée comme vêtement de dessus au Maghreb.
Son origine est rurale et masculine : enfilée par-dessus les autres pièces, elle protégeait du soleil, du vent et du froid. Au cours du XXe siècle, elle est entrée dans les médinas, puis dans le vestiaire féminin, qu'elle occupe aujourd'hui autant que le masculin. C'est l'une des entrées les plus utiles pour lire le vestiaire marocain et l'ordre de ses pièces, où chaque vêtement se définit d'abord par sa fonction : dessus ou dessous, quotidien ou cérémonie.
Comment la reconnaître
Trois éléments suffisent. Le capuchon pointu d'abord, marqueur le plus sûr et vestige direct de la fonction protectrice. La coupe ensuite : droite, non cintrée, tombant des épaules jusqu'aux chevilles, avec des fentes latérales qui libèrent la marche. Les manches enfin, longues et amples. La fermeture se fait le plus souvent par un boutonnage passementé sur le devant, du col au milieu de la poitrine.
Le tissu change avec la saison et la région : lainages tissés pour l'hiver, notamment dans les ateliers du nord comme ceux de Chefchaouen, cotons et mélanges légers pour l'été.
L'erreur fréquente : jellaba n'est pas caftan
La confusion la plus répandue consiste à employer les deux mots l'un pour l'autre. Le caftan n'a ni capuchon ni fonction de vêtement de dessus : c'est une robe longue portée à l'intérieur ou en cérémonie. La jellaba, elle, se met par-dessus le reste. Deux pièces voisines aident à fixer la distinction : la gandoura, tunique ample sans capuchon et souvent sans manches, et le selham, cape d'apparat également capuchonnée mais dépourvue de manches.
Le même flottement de vocabulaire touche d'autres mots du répertoire marocain. La keswa el kbira passe souvent pour un caftan brodé, alors qu'il s'agit d'un costume de mariage distinct. La khamsa est réduite à un ornement quand elle relève d'abord du signe protecteur. Le khelkhal est présenté comme un simple bijou de cheville, sans sa dimension patrimoniale. Quant au kilim, le mot désigne une technique de tissage à plat et non une origine marocaine.
Ce que cela change à l'usage
Distinguer ces pièces évite de se tromper de registre. Une jellaba se choisit pour l'extérieur : on regarde la longueur, la profondeur des fentes et le poids du tissu, puisqu'elle se porte sur d'autres vêtements et doit laisser de l'aisance aux épaules. Une pièce d'apparat relève d'une autre logique de coupe et de finition, celle des caftans et robes marocaines. À la silhouette, la jellaba tombe droit depuis l'épaule : elle s'accorde mieux à un sac porté à l'épaule ou en bandoulière longue qu'à un modèle tenu sous le bras, qui casse la ligne verticale.