Hanbel : définition et origine

Le hanbel est un tissage marocain à plat, sans nœuds, réalisé au métier vertical par les femmes des tribus de l'Atlas et des plaines, où le motif naît du seul entrecroisement de la chaîne et de la trame.

C'est une pièce d'usage domestique avant d'être un objet de décoration : couverture, natte de sol, tenture de séparation, parfois housse de coussin. Elle appartient au même univers matériel que les étoffes vestimentaires présentées dans notre guide du vestiaire marocain.

Comment il est fait

La tisseuse monte une chaîne tendue entre deux ensouples sur un métier vertical, puis passe la trame à la main, rang après rang, en tassant au peigne. Le motif se construit par changement de couleur de trame : chaque zone colorée est tissée séparément, ce qui laisse à la jonction de deux couleurs une petite fente verticale caractéristique, ou une liaison en dents d'engrenage si la tisseuse a croisé les trames. Certaines pièces ajoutent des rangs brochés en relief, des franges nouées ou des motifs à la trame supplémentaire. La matière est presque toujours une laine bergère filée à la main, dont l'irrégularité de fil donne au tissage sa vibration. Les colorations traditionnelles viennent des bains végétaux, l'indigo pour les bleus, la garance pour les rouges.

L'erreur : hanbel n'est pas un tapis noué

La confusion la plus courante consiste à ranger le hanbel avec les tapis à points noués, comme les tapis de Taznakht. La différence est structurelle. Un tapis noué a une épaisseur de velours : des brins de laine sont noués autour des fils de chaîne puis coupés, ce qui donne une surface dressée. Un hanbel n'a pas de velours du tout : il est plat des deux côtés et, dans les tissages les plus simples, réversible. On le vérifie en un geste, en pliant un coin : le tapis noué montre une base visible entre les touffes, le hanbel montre le même dessin au revers. Deuxième repère : le poids. À surface égale, un tissage à plat est nettement plus léger.

Hanbel ou kilim ?

Le marché français emploie presque toujours le mot kilim, terme d'origine turque passé dans le vocabulaire du commerce international. Hanbel est simplement le nom local marocain de la même famille technique. Il n'y a donc pas à choisir entre les deux : hanbel désigne l'objet dans son contexte, kilim le désigne dans le circuit marchand. Les répertoires de motifs, eux, restent régionaux, et un tissage du Haut Atlas ne se lit pas comme un tissage de plaine.

Ce que cela change à l'usage

Un hanbel supporte le passage, se retourne pour s'user également des deux faces, et s'aspire dans le sens de la trame. Les fentes de jonction entre couleurs ne sont pas des déchirures et ne doivent pas être recousues serré. La laine non traitée réagit à l'humidité : on évite les pièces d'eau et on sèche à plat. Pour les mêmes raisons de fibre, une handira ne se lave pas comme un hanbel, et une ceinture hzam encore moins. Enfin, les taches de henné sur une laine claire ne partent pas : elles se traitent en prévention, pas en réparation.

Voir aussi

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