Gandoura : définition et origine

La gandoura est une tunique droite, ample et sans capuchon, à manches courtes ou sans manches, portée dans tout le Maghreb comme vêtement d'intérieur, de travail ou d'été.

Elle appartient à la famille des vêtements non ajustés qui se passent par la tête, dont notre guide du vestiaire marocain détaille les variantes. Sa longueur va du genou à la cheville selon les régions et les usages.

La coupe

La construction est celle d'un vêtement de laize : deux ou trois lés d'étoffe assemblés bord à bord, une ouverture d'encolure fendue sur le devant, des coutures de côté qui laissent souvent une fente en bas pour la marche. Il n'y a ni pinces, ni emmanchure creusée, ni épaule montée. L'ampleur ne vient pas d'un patronnage mais de la largeur du tissu, ce qui explique que la même pièce aille à des morphologies très différentes. Les finitions font l'essentiel de la valeur : encolure bordée d'un galon, coutures couvertes d'une passementerie, parfois un liséré cousu main autour des fentes. Une gandoura d'été est en coton ou en lin léger, une gandoura d'hiver en laine.

L'erreur : gandoura n'est pas jellaba

C'est la confusion la plus répandue, et elle se tranche en un point : la jellaba a un capuchon, la gandoura n'en a pas. Ce détail n'est pas décoratif. Le capuchon, le qob, fait de la jellaba un vêtement d'extérieur, destiné à sortir, à couvrir la tête au soleil ou à la pluie. La gandoura, sans capuchon et souvent sans manches longues, reste un vêtement de la maison, de la sieste ou de la chaleur. Les manches suivent la même logique : longues et fermées sur la jellaba, courtes ou absentes sur la gandoura. Un vendeur qui présente une pièce à capuchon comme une gandoura se trompe de mot, et l'acheteur qui cherche un vêtement d'intérieur repartira avec un manteau.

Voisinages

La gandoura se distingue aussi du caftan, qui est un vêtement de cérémonie ouvert sur le devant et fermé par des boutonnières, alors que la gandoura est fermée et se passe par la tête. Elle se rapproche en revanche de la derraa saharienne, tunique très ample aux emmanchures larges, dont elle partage le principe de coupe même si les proportions diffèrent nettement.

Dans le costume féminin rural, la gandoura sert de base à d'autres pièces : des laines teintes à la garance nouées aux hanches, et par-dessus, pour sortir, un haïk drapé. Chez les Amazighs du Moyen Atlas, le vestiaire d'apparat ajoute des pièces tissées lourdes comme la handira, tandis que les tissages plats de type hanbel restent, eux, à la maison.

Ce que cela change à l'usage

Une gandoura se choisit sur la largeur d'épaule et la longueur, pas sur un tour de taille : rien ne se cintre. Elle se lave comme une pièce non doublée, à plat, et se repasse sur l'envers pour ne pas lustrer les galons. Portée aujourd'hui hors du Maghreb, elle fonctionne comme une robe d'été droite, et se ceinture volontiers si l'on veut marquer la taille. On en trouve des versions habillées, plus travaillées, dans la collection caftans et robes marocaines.

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