Mycélium : définition et usage

Le mycélium est le réseau de filaments qui constitue la partie végétative d'un champignon ; cultivé sur un substrat puis compacté, tanné et enduit, il sert de base à une famille de matières biosourcées destinées à remplacer le cuir animal en maroquinerie.

La matière obtenue n'est donc jamais du mycélium brut. Le réseau cultivé fournit une nappe fibreuse naturellement dense, à laquelle on applique ensuite les mêmes étapes qu'à toute matière d'enduction : compression, assouplissement, teinture, puis dépôt d'un vernis de finition (top coat) qui apporte la tenue à l'eau et la résistance au frottement. Le guide des matières de maroquinerie la range parmi les matières biosourcées, aux côtés du Piñatex issu de feuilles d'ananas.

Comment on la reconnaît

Le rendu est mat, un peu spongieux sous la pression, avec une main plus chaude et moins glissante qu'une enduction sur trame. La tranche est le meilleur indice : elle montre une masse fibreuse claire, feutrée, sans trame tissée régulière — plus proche d'un non-tissé que d'un textile enduit classique. La souplesse est réelle mais l'allongement reste faible, ce qui donne des plis un peu plus marqués.

La finition, elle, se lit comme sur n'importe quelle matière : un grain croco façonné ou tout autre grain gaufré sur un support mycélien reste un motif imprimé par une plaque, exactement comme sur une enduction synthétique. Et parce que la couche de surface est un polymère, elle vieillit comme tel : exposée à la lumière, elle subit une photo-oxydation ordinaire.

L'erreur fréquente : confondre l'annonce et le volume

Ces matières font l'objet d'annonces régulières, souvent accompagnées de collaborations avec des marques et de pièces de démonstration. Il faut lire ces annonces pour ce qu'elles sont : des jalons de développement, pas des mises sur le marché. Entre une capsule de quelques centaines de pièces et une production capable d'alimenter une collection saisonnière, il y a des années d'industrialisation, des questions de régularité de lot, de largeur de laize, de tenue au découpage et de coût. Plusieurs projets très commentés ont été annoncés bien avant d'être disponibles, et certains ne l'ont jamais été.

Le second point de vigilance est environnemental. Une matière biosourcée n'est pas automatiquement une matière à faible impact : l'énergie de culture, le substrat, les traitements de tannage et le vernis de finition — souvent un polymère de synthèse — comptent dans le bilan. Seule une analyse de cycle de vie (ACV) permet une comparaison honnête, et elle doit préciser son périmètre. La question des traitements déperlants, notamment celle des PFAS, se pose ici comme ailleurs.

À l'usage, la conséquence est simple : ces matières restent aujourd'hui l'exception, et l'essentiel de la maroquinerie sans matière animale — dont nos sacs en simili cuir végane et notre petite maroquinerie — repose sur des enductions polyuréthane maîtrisées. Comparer un mycélium à un nappa animal ou à une bonne microfibre a du sens ; supposer qu'on peut aujourd'hui en équiper une collection entière n'en a pas encore.

Voir aussi

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