Non-tissé : définition et usage

Un non-tissé est une nappe de fibres ou de filaments assemblés directement en feuille, par voie mécanique, thermique ou chimique, sans passer par le filage d'un fil ni par une étape de tissage ou de tricotage.

La définition tient dans cette absence : il n'y a ni chaîne ni trame, donc ni sens de fil, ni droit-fil, ni biais. Une nappe non tissée se comporte de la même façon dans toutes les directions, ce qui simplifie la coupe et supprime les chutes liées au placement. C'est l'une des raisons pour lesquelles le guide des matières de maroquinerie lui consacre une place à part parmi les supports d'atelier.

Comment on le reconnaît

Le test le plus rapide est celui de la déchirure : un tissu s'ouvre en libérant des brins alignés, un non-tissé s'ouvre en bourre, sans fil continu, et ses bords coupés ne s'effilochent pas. À contre-jour, on ne voit aucune grille régulière mais un enchevêtrement aléatoire. Sa densité se décrit par le grammage, exprimé en grammes par mètre carré, qui reste le premier repère technique pour comparer deux nappes.

En maroquinerie, il apparaît à trois endroits. En renfort interne, sous forme d'entoilage thermocollant appliqué au dos d'un panneau pour lui donner de la tenue. En support textile de certaines enductions, à la place d'un tissu. Et surtout comme base des matières les plus abouties du secteur.

L'erreur fréquente : le croire fragile par nature

Le mot évoque les objets jetables — lingettes, masques, housses de protection —, et l'on en déduit qu'un non-tissé serait par définition une matière de dépannage. Le raccourci est faux : le procédé décrit une construction, pas un niveau de performance. Un non-tissé peut être une nappe lâche de quelques grammes destinée à durer une journée, ou une structure de filaments ultrafins aiguilletée puis imprégnée de polymère, capable de tenir des années de frottement.

C'est précisément le cas de la microfibre, qui constitue le haut du panier des matières d'enduction sans matière animale : sa base est un non-tissé, et c'est cette base qui lui donne sa section homogène, sa souplesse et sa résistance aux angles de fond. La logique s'applique aussi aux matières biosourcées, où une nappe fibreuse compactée sert de support, comme sur le Piñatex.

À l'usage, cette structure change trois choses. Elle évite les faux plis marqués aux points de flexion, parce que la matière n'a pas de sens privilégié. Elle laisse mieux respirer un intérieur de sac qu'un film plein. Elle réagit en revanche aux mêmes agressions que toute matière imprégnée : le polymère qui la lie subit une photo-oxydation à la lumière, un plastifiant mal formulé peut la rendre poisseuse, et une finition déperlante posée dessus pose les mêmes questions que partout ailleurs depuis la restriction des PFAS et traitements déperlants. On la retrouve aussi bien dans la structure de nos sacs en simili cuir végane que dans les renforts de la petite maroquinerie, où l'épaisseur disponible est comptée.

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