Le Maroc compte neuf biens culturels inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO, ainsi qu'une série d'éléments inscrits au patrimoine culturel immatériel de l'humanité, dont plusieurs au titre de dossiers multinationaux. Ces listes sont publiques et vérifiables sur les bases officielles de l'UNESCO — ce qui n'empêche pas de fausses inscriptions de circuler abondamment en ligne.
Faire le tri est utile à qui s'intéresse à l'artisanat marocain, ses techniques et ses villes : l'inscription UNESCO est souvent invoquée comme argument d'autorité, y compris pour des savoir-faire qui n'ont jamais été inscrits.
Les biens du patrimoine mondial
Les neuf biens marocains inscrits sont tous des biens culturels :
- la médina de Fès (1981) ;
- la médina de Marrakech (1985) ;
- le ksar d'Aït-Ben-Haddou (1987) ;
- la ville historique de Meknès (1996) ;
- le site archéologique de Volubilis (1997) ;
- la médina de Tétouan (1997) ;
- la médina d'Essaouira (2001) ;
- la cité portugaise de Mazagan, à El Jadida (2004) ;
- Rabat, capitale moderne et ville historique (2012).
Quatre de ces biens sont des médinas entières, ce qui a des conséquences directes pour les métiers qui s'y exercent — le sujet est traité en détail dans la page consacrée aux médinas marocaines inscrites au patrimoine mondial. C'est la médina de Fès dans son ensemble qui est inscrite, et non ses tanneries prises isolément : ces ateliers, dont l'histoire a donné au français le mot maroquin, passé du Maroc à l'Europe, sont protégés en tant que composantes du tissu urbain classé.
Le patrimoine culturel immatériel
Côté immatériel, le Maroc est présent sur la liste représentative avec, entre autres : l'espace culturel de la place Jemaa el-Fna à Marrakech et le moussem de Tan-Tan (proclamés dans les années 2000, intégrés à la liste en 2008) ; la diète méditerranéenne (2010, dossier multinational) ; la fauconnerie (dossier multinational) ; les pratiques et savoir-faire liés à l'arganier (2014) ; le gnaoua (2019) ; les savoirs et pratiques liés au palmier dattier (dossier multinational) ; le couscous, au titre d'un dossier commun avec l'Algérie, la Mauritanie et la Tunisie (2020) ; la tbourida (2021) ; le malhoun (2023). Pour la diète méditerranéenne, la communauté emblématique marocaine est Chefchaouen — ce qui explique une confusion fréquente sur le statut de cette ville.
Ce qui n'est pas inscrit
Plusieurs affirmations répandues sont fausses ou imprécises. Le caftan marocain n'est pas inscrit au patrimoine immatériel de l'UNESCO à la date de rédaction de cette page, malgré des annonces de candidature régulièrement relayées comme des inscriptions acquises. Le thé à la menthe n'est pas inscrit. Le zellige n'est pas inscrit en tant que tel. La médina de Chefchaouen n'est pas inscrite au patrimoine mondial. Des savoir-faire textiles majeurs, comme le tissage de la laine marocaine ou la broderie citadine, ne font pas non plus l'objet d'une inscription propre. L'absence d'inscription ne dit rien de la valeur d'un patrimoine : elle signifie seulement qu'aucun dossier n'a abouti, les candidatures étant préparées et portées par l'État via les institutions publiques chargées de la culture et de l'artisanat. Enfin, un motif comme la khamsa, partagé dans toute la Méditerranée, ne relève par nature d'aucune liste nationale : il n'appartient à aucun pays en propre.
Le regard Maison Tanger
Nous citons volontiers ce patrimoine, mais jamais comme caution : aucun de nos produits n'a de rapport avec une inscription UNESCO, et un sac en simili cuir PU n'a pas à s'en réclamer. Ce que ces listes nous rappellent, c'est la profondeur du répertoire dont nos sacs marocains et nos caftans s'inspirent — et l'importance de vérifier une affirmation patrimoniale avant de la répéter.