Essai de flexion Bally : définition et usage

L'essai de flexion Bally est un test mécanique qui plie et déplie de façon répétée une éprouvette de matière souple montée en boucle sur un flexomètre, et qui compte le nombre de flexions atteint avant l'apparition des premières fissures visibles.

Il sert à qualifier la tenue d'un support aux endroits qui travaillent en permanence : base d'anse, pli d'un rabat, coin de soufflet, charnière d'un portefeuille. Le guide des matières de maroquinerie le classe parmi les essais de durabilité mécanique, aux côtés de l'essai Martindale, qui traite l'usure de surface, et des protocoles de vieillissement accéléré, qui traitent le temps.

Ce que compte la machine

L'éprouvette est fixée entre deux mors ; l'un est fixe, l'autre imprime un mouvement alternatif qui crée un pli franc au même endroit, des milliers de fois. On relève le nombre de cycles à l'apparition du premier défaut, puis on décrit ce défaut : rupture superficielle du vernis, craquelure traversant l'enduction, ou casse de pliure avec perte de matière. Un résultat honnête comporte donc trois informations : le nombre de cycles, la nature du défaut observé et les conditions d'essai. Selon la formulation du support, les écarts sont considérables : un enduit plastifié comme le PVC (polychlorure de vinyle) ne se comporte pas comme un polyuréthane, notamment parce que ses plastifiants migrent avec le temps.

L'erreur fréquente : oublier le froid

La faute la plus répandue consiste à ne conduire l'essai qu'à température ambiante, dans un laboratoire confortable. Or c'est à basse température que la matière est la plus vulnérable : le support se rigidifie, la couche de finition perd sa capacité à suivre la déformation, et le pli qui passait sans dommage à vingt degrés fissure beaucoup plus tôt. Un essai mené uniquement au chaud décrit le cas favorable, pas le cas réel d'un sac porté un matin d'hiver. Le protocole complet impose donc une série à froid, et c'est celle-là qui gouverne le choix de la matière.

Ce que cela change à l'usage

Un support bien noté en flexion à froid vieillit sans marquer aux zones de pli ; un support mal noté y montre d'abord un blanchiment, puis un faïençage fin. À l'usage, deux réflexes suffisent : éviter de plier un article gelé et de le forcer, et laisser un sac reprendre la température ambiante avant de le manipuler. L'étiquette d'entretien et l'étiquette de composition ne mentionnent pas ces essais, qui restent internes au fabricant. Ils gouvernent pourtant la sélection des matières de nos sacs en simili cuir PU et de la petite maroquinerie, où les plis sont les plus serrés.

Voir aussi

Retour au blog