Le sarouel est un pantalon ample à entrejambe bas, dont le nom vient du persan shalwar passé à l'arabe sirwal, et qui existe au Maroc en versions longues comme en versions courtes et bouffantes portées sous d'autres vêtements.
Sa coupe repose sur un principe simple : une grande largeur de tissu ramenée entre les jambes, montée sur une ceinture coulissée, qui laisse l'aisance là où l'assise et l'accroupissement en demandent. C'est à ce titre qu'il figure dans le vestiaire marocain, comme pièce de dessous autant que comme vêtement autonome.
Comment il est construit
La forme traditionnelle se coupe dans des rectangles et des carrés, sans arrondi d'entrejambe. Le fond descend bas, parfois jusqu'aux genoux sur les modèles anciens ; la ceinture est un large ourlet dans lequel passe un cordon, ce qui rend la taille réglable et le vêtement transmissible. Les chevilles sont soit libres, soit resserrées par un bord droit. Cette économie de coupe se retrouve dans d'autres pièces bâties à plat, comme la gandoura, tunique droite sans manches montées, ou le jabador, ensemble deux pièces dont le pantalon est précisément un sarouel court.
Où on le porte
Au Maroc, la version courte et bouffante se porte le plus souvent sous la jellaba, où elle règle la question de l'ampleur sans ajouter d'épaisseur visible. Les versions de cérémonie, elles, sont bordées d'un galon plat, la sfifa, posé au bas de jambe et sur la ceinture, et les plus travaillées reçoivent un fil lamé, le skalli, en rappel du haut de l'ensemble. Un manteau se pose par-dessus le tout, un selham pour les grandes occasions.
L'erreur fréquente
Le pantalon dit sarouel diffusé par la mode occidentale dans les années 2000 n'en a repris que la silhouette. Coupé dans des jerseys extensibles, avec un fond arrondi et une taille élastiquée, il abandonne l'essentiel : la construction en rectangles, la ceinture coulissée, le rapport entre la largeur du tissu et l'aisance obtenue. Le raccourci est le même que celui qui présente le sefsari tunisien comme un vêtement marocain — on garde l'allure, on perd la logique.
Ce que cela change à l'usage
Un sarouel bien coupé se juge à trois points : la hauteur du fond, qui doit permettre de s'asseoir au sol sans tirer sur la ceinture ; la largeur du bas de jambe, qui décide de la tenue du drapé ; et la solidité de la coulisse, premier endroit qui cède. Choisir la taille par le tour de hanches plutôt que par le tour de taille évite les mauvaises surprises, la ceinture se réglant ensuite. Porté sous une pièce longue, il demande une matière fluide qui ne gonfle pas ; c'est le même raisonnement d'aisance que nous appliquons aux caftans.