Motif amazigh : définition et origine

Le motif amazigh désigne un répertoire de formes géométriques — losanges, chevrons, dents de scie, triangles, croix — qui circule d'un support à l'autre dans l'artisanat d'Afrique du Nord, du tissage à la poterie et du bijou au tatouage.

Ce répertoire traverse tout le vestiaire marocain et son décor d'accompagnement, mais il n'appartient à aucun métier en particulier : il se transmet d'une technique à l'autre, en s'adaptant chaque fois aux contraintes de l'outil.

Un répertoire, plusieurs supports

La géométrie vient d'abord de la technique. Un métier à tisser impose des lignes droites et des diagonales par pas entiers, ce qui produit mécaniquement losanges et chevrons : c'est visible dans le tissage du Haut Atlas, où le motif naît du comptage des fils. Le même vocabulaire se retrouve ensuite gravé sur la peau avec le tatouage amazigh, peint sur les céramiques de la poterie de Safi, incisé sur les pièces vertes de la poterie de Tamegroute, découpé dans les peaux teintes du ntaa ou obtenu par alternance de brins clairs et sombres dans la vannerie de palmier doum.

Un même losange n'a donc pas la même origine selon le support : dans un tapis il est une contrainte de trame, sur une poterie il est un tracé libre. Confondre les deux revient à lire un décor sans tenir compte de la main qui l'a fait.

Le piège du dictionnaire de symboles

Le commerce diffuse volontiers des tableaux de correspondances : tel signe voudrait dire fertilité, tel autre protection. Cette lecture figée pose deux problèmes. D'une part, les significations varient selon les tribus, les vallées et les époques, et un même signe peut être décoratif ici et chargé de sens là-bas. D'autre part, une partie de ces glossaires sont des reconstructions récentes, établies après coup, souvent à destination du marché touristique, et non des relevés recueillis auprès des tisseuses elles-mêmes.

Le cas du yaz (aza) est éclairant : ce caractère de l'alphabet tifinagh est devenu un emblème identitaire contemporain, largement diffusé comme tel. C'est un fait historique documenté ; ce n'est pas une raison pour projeter cette valeur emblématique sur toutes les pièces anciennes qui portent une forme approchante.

Ce que cela change quand on choisit un imprimé

Sur un textile ou un accessoire, ce qui fait la qualité d'un décor géométrique est moins le sens supposé que la construction : régularité du pas, netteté des angles, cohérence de l'échelle avec la taille de l'objet. Un motif trop agrandi perd sa densité et devient une simple frise ; trop réduit, il se brouille dès qu'on s'éloigne. Sur les modèles de la sélection sacs marocains, un décor géométrique bien calibré se reconnaît à ce que la répétition tombe juste sur les bords et les coutures, sans motif coupé en plein milieu.

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