Palmier doum : définition et origine

Le doum est un palmier nain, Chamaerops humilis, répandu du Souss au Rif, dont les folioles séchées et refendues fournissent la fibre tressée des paniers, des nattes et des cabas marocains.

C'est la vannerie la plus courante du pays, celle qui accompagne au quotidien le vestiaire marocain : ni matière noble ni production d'apparat, mais une fibre locale, abondante, travaillée à la main dans les campagnes comme dans les ateliers urbains.

De la palme au panier

Les jeunes palmes sont coupées, mises à sécher jusqu'à devenir souples et claires, puis refendues en lanières régulières. Ces lanières sont d'abord tressées en longues bandes plates, enroulées en écheveaux, avant d'être cousues en spirale pour former le fond puis les parois de l'objet. Cette construction en deux temps explique la solidité du couffin : ce n'est pas la fibre qui porte la charge, c'est la couture qui relie les tours entre eux. Le principe se retrouve dans le sac berbère et, avec une autre graminée, dans les nattes et cordages d'alfa.

Doum, dattier, raphia : trois fibres distinctes

Le commerce range volontiers tout cela sous l'étiquette commode de « paille marocaine ». Les trois matières n'ont pourtant ni la même plante d'origine ni le même comportement. Le doum vient d'un palmier nain qui pousse spontanément au Maroc, et donne une lanière assez raide, mate, de couleur paille à verdâtre. Le palmier dattier fournit des palmes bien plus longues et grossières, réservées aux ouvrages rustiques et à la couverture. Le raphia provient d'un tout autre genre de palmier, qui ne pousse pas au Maroc : sa lanière est souple, brillante, plus fine, et se travaille au crochet autant qu'au tressage. Un cabas raide et mat est du doum ; un sac souple et satiné est du raphia.

Ce que cela change à l'usage

La fibre de doum est hygroscopique : elle absorbe l'humidité, gonfle, puis se rétracte en séchant. Un panier laissé mouillé se déforme et peut moisir au niveau des coutures ; un panier gardé trop longtemps en atmosphère sèche et chaude devient cassant et perd des brins. L'équilibre tient à peu de chose : rangement à l'abri du soleil direct, séchage à plat, et une doublure textile si l'on transporte des objets à angles vifs. Comme la poterie de Safi ou celle de Tamegroute, comme les ateliers citadins de Rabat ou la randa ajourée des bordures de caftans, la vannerie de doum reste un artisanat de main, avec les irrégularités que cela suppose. Pour un usage quotidien plus structuré, la sélection sacs marocains répond à d'autres contraintes de portage.

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