Résistance à la traction : définition et usage

La résistance à la traction est la charge maximale qu'une éprouvette de matière supporte avant rupture lorsqu'on l'étire, valeur que l'on relève toujours avec l'allongement mesuré au moment de cette rupture.

Les deux chiffres vont ensemble et ne se lisent pas séparément : une matière qui rompt sous forte charge mais sans s'allonger est fragile aux à-coups, tandis qu'une matière qui s'allonge beaucoup avant de céder absorbe les chocs mais se déforme en usage. Le guide des matières de maroquinerie associe cette grandeur à la résistance à la déchirure, qui décrit un autre mode de ruine : la première concerne une matière saine, la seconde une matière déjà amorcée.

Ce que la valeur mesure vraiment

Sur un complexe enduit, la charge est reprise par le support textile, pas par le film. L'enduction suit le mouvement et n'ajoute presque rien à la charge de rupture ; elle influe seulement sur la raideur ressentie. Les valeurs se relèvent dans les deux sens du tissu, chaîne et trame, et l'écart entre les deux est parfois considérable — c'est cet écart qui dicte le sens de coupe des pièces à l'atelier. Une anse taillée dans le mauvais sens s'allonge à l'usage sans jamais rompre : la pièce n'est pas cassée, elle est simplement déformée, ce que décrit la déformation permanente (fluage).

L'erreur fréquente : tester la matière, pas la couture

C'est le piège classique. On tire sur un panneau, on constate qu'il tient, et l'on en conclut que l'assemblage tiendra. Or un sac ne se rompt presque jamais en plein panneau : il lâche à la couture. La piqûre perfore la matière à intervalles réguliers et concentre l'effort sur une ligne de trous ; sous charge, ce sont ces trous qui s'ovalisent, se rejoignent, et laissent filer la couture. La résistance d'un assemblage dépend donc du fil à coudre polyester employé, du pas de piqûre, du nombre de passages et de la présence d'un renfort sous la ligne. Un fil trop fin rompt ; un fil trop gros ou un pas trop serré découpe la matière comme une perforation de carnet. La valeur de traction d'un échantillon ne dit rien de tout cela.

Ce que cela change à l'usage

À l'inspection d'une pièce, il vaut mieux examiner les coutures portantes que la souplesse du panneau : régularité du pas, points d'arrêt aller-retour aux extrémités, présence d'un doublage aux attaches d'anse. Répartir le contenu plutôt que le concentrer d'un côté réduit la charge sur une seule ligne de couture, et éviter de suspendre un sac chargé par une seule anse évite le fluage. Les mêmes principes valent sur les doublures et sur un satin de polyester, dont il faut aussi surveiller le rétrécissement au lavage, ainsi que sur un simili cuir, où s'ajoute la question de la solidité au frottement.

Les sacs en simili cuir végane et les portefeuilles et pièces de petite maroquinerie permettent d'observer ces points d'assemblage.

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