Viscose : définition et usage

La viscose est une fibre artificielle obtenue en dissolvant chimiquement de la cellulose de bois, puis en régénérant cette solution sous forme de filaments : sa matière première est naturelle, mais sa fibre est fabriquée, ce qui la place entre les fibres naturelles et les fibres synthétiques.

Cette position intermédiaire explique son comportement. La viscose a le pouvoir d'absorption d'une fibre cellulosique, la fluidité et le tombé d'une fibre longue, et la fragilité propre à une structure reconstituée. Le guide des matières de maroquinerie la situe parmi les textiles employés en doublure et en habillage.

Comment on la reconnaît

Un tissu de viscose tombe lourdement et droit, sans le rebond d'un polyester ni la raideur d'un coton. Il est frais au contact, souple, et prend les teintes avec une intensité que peu de fibres atteignent — ce qui explique sa présence dans les doublures colorées. Sa surface est lisse et modérément brillante, sans le grain irrégulier du lin ni les fibrilles courtes du coton. En construction tordue, elle produit le grain irrégulier du crêpe.

Un signe la trahit : froissée dans la main, elle garde le pli bien plus longtemps que le coton.

L'erreur fréquente : la laver comme du coton

C'est le point qui compte. La viscose perd une part importante de sa résistance à l'état mouillé : les liaisons entre les chaînes de cellulose régénérée se relâchent au contact de l'eau, et la fibre devient temporairement beaucoup plus fragile. Un tissu qui tient parfaitement à sec peut donc se déformer, se détendre ou se déchirer sous une contrainte que le coton encaisserait sans broncher.

Les conséquences pratiques sont directes. Un essorage énergique étire durablement le tissage. Un lavage chaud provoque un rétrécissement au lavage qui ne se rattrape pas. Une pièce mouillée suspendue à un cintre s'allonge sous son propre poids. Et un frottement à l'état humide, contre un tambour ou une autre pièce, use la surface bien plus vite qu'à sec.

La conduite à tenir découle du mécanisme : eau froide, brassage minimal, essorage très réduit voire nul, et surtout séchage à plat, sans suspendre, sans tordre. Un lavage à la main dans une eau froide savonneuse, en pressant sans frotter, reste la méthode la plus sûre.

Ce que ça change à l'usage

Le lyocell, cousin plus récent issu d'un procédé différent, corrige justement ce défaut : sa structure conserve nettement mieux sa résistance à l'humidité. Comparer les deux fibres sur une étiquette a donc un intérêt concret quand une pièce sera lavée souvent.

En maroquinerie, la viscose se rencontre surtout en doublure. Elle y est appréciée pour sa densité de couleur et sa douceur, mais elle demande d'éviter les contacts humides prolongés avec la face extérieure, sous peine de favoriser un transfert de teinte. Les doublures des sacs en simili cuir PU et des portefeuilles et de la petite maroquinerie se nettoient donc localement, à sec de préférence, jamais par immersion. Sa tenue s'évalue avec les mêmes essais que les autres composants — résistance à l'abrasion et sensibilité à l'accroc et au filage — tandis que son collage au support relève des règles de l'adhésif sans solvant. Les pièces métalliques voisines, souvent en zamak, ne doivent présenter aucune arête vive.

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