Mdamma : définition et origine

La mdamma est la ceinture large et rigide, fermée par une boucle ou un fermoir ouvragé, que l'on porte serrée sur la takchita pour marquer la taille.

Elle appartient aux pièces d'apparat du vestiaire marocain de cérémonie, où chaque élément remplit une fonction précise. La takchita superpose deux robes ; la mdamma vient les tenir ensemble à la taille et signale le passage de la tenue courante à la tenue de fête.

Un objet d'orfèvre autant que de passementier

La mdamma sort historiquement de deux ateliers distincts des médinas. Celui de l'orfèvre d'abord, qui monte la boucle, les plaques et les charnières : les pièces anciennes du sud emploient volontiers l'argent de Tiznit, gravé et niellé. Celui du passementier ensuite, qui fournit la bande : velours ou drap brodé au mejboud, bordé d'un galon de sfifa qui protège les chants et masque les coutures de montage.

Le décor n'est pas uniforme. Les ceintures citadines de Fès et de Rabat restent florales et arabesques ; certaines pièces du sud reprennent les losanges et les chevrons du motif amazigh. Quelques modèles souples portent des incrustations de peaux teintes découpées selon la technique du ntaa, héritée des ateliers fassis.

Mdamma ou hzam : la confusion à lever

Les deux mots sont souvent employés l'un pour l'autre, à tort. Le hzam est une longue bande tissée et souple, que l'on enroule plusieurs fois autour de la taille avant de la nouer ou de la rentrer sur elle-même : sa longueur fait sa tenue. La mdamma, elle, est une pièce unique et rigide, dimensionnée au tour de taille et fermée par un système mécanique. Deux objets, deux gestes d'habillage, deux métiers.

Autre distinction utile : la mdamma suppose un vêtement ajusté. Un habit drapé d'une seule pièce comme la melhfa ne se ceinture pas de cette façon, puisque sa tenue vient du drapé lui-même.

Ce que cela change à l'usage

Une mdamma se choisit d'abord à la mesure. Trop longue, elle glisse sur les hanches et casse la ligne ; trop courte, elle force la fermeture et fatigue les points d'attache. La hauteur de bande compte autant que le tour de taille, car une bande large remonte sous la poitrine et raccourcit visuellement le buste. Le poids joue également : une boucle métallique pleine tire sur l'étoffe et finit par marquer le velours. Sur une robe de la sélection caftans et robes marocaines, une bande doublée et légèrement rembourrée reste préférable : elle répartit la pression au lieu de la concentrer sur deux points d'accroche.

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