Sefsari : définition et origine

Le sefsari est le grand drapé féminin tunisien, taillé dans une pièce d'étoffe unique en laine légère ou en tissu fin et lustré, que l'on enroule autour du corps et de la tête sans coupe ni couture.

Il remplit en Tunisie la fonction que le haïk occupe plus à l'ouest : couvrir la tenue portée en ville, se dénouer d'un geste, et ne rien devoir à la taille de celle qui le porte. Sa place dans le vestiaire marocain est celle d'un voisin utile pour comparer, non celle d'une pièce locale.

Comment il se reconnaît

Le sefsari est un rectangle, généralement clair, blanc cassé ou écru, sans décor structurant. Il se tient par le drapé lui-même, une main maintenant le pan sur la tête tandis que l'autre ramène le second pan sur l'avant-bras. On le distingue du melhfa saharien, plus coloré et noué autrement, et des étoffes bordées de galon, puisqu'il ne comporte ni sfifa ni fil lamé skalli : sa qualité tient au tissage et à la teinte, pas à l'ornement rapporté.

L'erreur fréquente

De nombreuses boutiques françaises le présentent comme un vêtement marocain. Son aire d'usage est pourtant essentiellement tunisienne, avec des variantes régionales de Tunis au Sahel et au sud du pays. Le Maroc a ses propres drapés et ses propres manteaux, à commencer par le selham, cape à capuchon d'une tout autre construction. Confondre les deux aires revient à traiter le Maghreb comme un bloc unique, ce qu'aucun atelier, aucun teinturier et aucun tailleur ne fait sur place : les bains du souk Sebbaghine de Fès ne travaillent pas les mêmes laines ni les mêmes commandes que ceux de Tunis.

Ce que cela change à l'usage

Un drapé sans couture se juge à des critères précis. Le poids d'abord : trop léger, il glisse et demande une main permanente ; trop lourd, il pèse sur la tête et se déforme. La lisière ensuite, qui doit être nette, sans ourlet épais qui casserait la ligne du pan. Enfin la stabilité de la teinte, car une étoffe claire portée en extérieur marque vite. Le nettoyage se fait à plat, sans essorage mécanique, pour éviter que la torsion ne creuse des plis permanents.

Pour qui cherche une pièce couvrante à porter aujourd'hui, la logique du drapé reste utile : une seule largeur d'étoffe, pas de fermeture, un ajustement par le geste. C'est ce principe d'ampleur, et non le vêtement lui-même, que l'on retrouve dans les coupes larges de nos caftans.

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