Calandrage : définition et usage

Le calandrage est un procédé de mise en feuille d'un polymère par passage entre plusieurs cylindres chauffés et contrarotatifs, dont l'écartement règle l'épaisseur du film obtenu et dont l'état de surface imprime au produit son lissé ou son grain.

C'est l'une des deux grandes voies industrielles pour produire une matière en nappe continue, l'autre étant le dépôt d'une pâte sur un support. Les deux se rencontrent souvent sur le même article, et le guide des matières de maroquinerie replace ces procédés dans la chaîne de fabrication d'une matière enduite.

Comment fonctionne une calandre

La matière fondue entre dans le premier intervalle, s'étale, puis franchit deux à quatre passages successifs qui l'amincissent progressivement. Chaque cylindre travaille à une température et une vitesse propres ; c'est le rapport entre ces vitesses qui étire la feuille et oriente les chaînes du polymère. Le dernier cylindre, gravé ou poli, dépose le motif de surface. Le procédé convient particulièrement au PVC, thermoplastique qui supporte bien cette mise en forme, et se distingue de l'enduction, où le polymère est appliqué à l'état pâteux ou dissous sur un support textile.

Le calandrage ne concerne que les polymères. Un textile ne se met pas en feuille : un crêpe, par exemple, tire son grain d'une forte torsion des fils et non d'un cylindre gravé. La confusion vient de ce qu'un passage entre cylindres sert aussi, en finition textile, à lisser un tissu — mais il s'agit alors d'un traitement de surface, pas d'une mise en forme de la matière.

Une feuille calandrée n'est jamais parfaitement isotrope : le sens machine et le sens travers ne se comportent pas de la même façon en traction ni au retrait à la chaleur. Cette différence est normale et doit être prise en compte au placement des pièces.

L'erreur fréquente : ignorer les lisières

Le piège du calandrage se situe aux bords de la nappe. Sur toute la largeur utile, l'épaisseur est régulière ; aux extrémités, la matière déborde de la zone régulée et refroidit plus vite, ce qui produit des variations d'épaisseur, un défaut d'orientation et parfois une porosité invisible à l'œil. Découper des pièces dans ces lisières, souvent par souci d'économie de matière, revient à placer une zone de faiblesse dans un article fini.

Les conséquences apparaissent plus tard : amincissement prématuré sous frottement, craquelure aux endroits les plus sollicités, casse de pliure précoce sur les angles de flexion, et surtout délaminage lorsque la couche calandrée n'adhère pas uniformément à son support. Sur ce dernier point, la qualité de la colle polyuréthane qui solidarise film et textile pèse autant que le réglage de la calandre. Un plan de coupe sérieux écarte donc une bande de lisière, quitte à perdre un peu de rendement matière.

Ce que cela change à l'usage

Pour qui achète, le calandrage n'est pas visible en tant que tel, mais ses défauts le sont. Une surface irrégulièrement brillante sur une même pièce, une épaisseur qui varie sous les doigts d'un bord à l'autre d'un panneau, ou une bordure qui gondole après quelques semaines signalent une matière issue d'une zone mal maîtrisée. Ces indices se lisent mieux sur les grandes pièces plates que sur les petits éléments. Sur les sacs en simili cuir PU, on regarde le fond et les côtés ; sur la petite maroquinerie, les rabats et les soufflets, qui plient sans cesse.

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