Tahtiya : définition et origine

La tahtiya est la robe de dessous de la takchita marocaine, coupée dans un tissu généralement uni, plus légère et moins ornée que la pièce portée par-dessus puisqu'elle n'apparaît qu'en partie.

Son nom vient de taht, en dessous, et il décrit une position dans un ensemble plutôt qu'une forme particulière. Comprendre ce rôle est indispensable pour lire le vestiaire marocain, où plusieurs tenues fonctionnent par superposition volontaire et non par doublure.

Sa place dans l'ensemble

La takchita se compose de deux vêtements distincts : la tahtiya en dessous et la dfina par-dessus, souvent transparente ou ouverte sur le devant, qui laisse voir la première. Une ceinture large vient marquer la taille et solidariser l'ensemble. Le caftan, lui, est une pièce unique : c'est la différence la plus simple à retenir entre les deux tenues, et celle que les descriptions commerciales effacent le plus souvent.

L'erreur fréquente

La tahtiya n'est pas une doublure. Une doublure est cousue au vêtement, coupée dans un tissu de doublage et jamais portée seule ; la tahtiya est un vêtement autonome, avec ses propres finitions, son encolure montée, ses ourlets et sa fermeture. Beaucoup de femmes la portent seule, sans la pièce de dessus, pour une occasion moins habillée. C'est aussi pour cela qu'elle mérite un tissu correct : elle est visible sur toute la longueur de l'ouverture, sur les manches et souvent au bas.

Comment la choisir

Trois critères comptent. La matière d'abord : elle doit rester fluide et ne pas gonfler sous la seconde épaisseur, un satin ou une crêpe faisant l'affaire. La couleur ensuite, qui doit soutenir la pièce de dessus sans lutter avec elle ; un ton uni, plus soutenu ou plus clair, fonctionne mieux qu'un second motif. La tenue de la teinture enfin, car deux épaisseurs superposées frottent l'une contre l'autre et une couleur mal fixée migre sur la plus claire.

Le vocabulaire varie d'ailleurs d'une ville à l'autre, et les ateliers de Tanger n'emploient pas toujours les mêmes mots que ceux de Fès. Quant à la ceinture, quand elle n'est pas tissée, elle peut être une pièce de cuir passée par les bains de la tannerie Chouara, où les peaux subissent la chaux puis des tanins végétaux comme la takaout.

Ce que cela change à l'usage

Une tahtiya se mesure comme un vêtement complet, pas comme un fond de robe : longueur au sol, tour de poitrine et carrure doivent être justes, faute de quoi l'ensemble tire aux emmanchures. On la lave séparément de la pièce de dessus, à basse température, et on la range sur cintre pour éviter les plis marqués qui se verraient par transparence. Le rapport entre les deux épaisseurs est exactement ce que nous regardons sur les caftans à deux pièces.

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