Le tarz rbati est la broderie de Rabat, polychrome, exécutée au point plat, dont le répertoire floral se déploie en bouquets et en rinceaux sur de grandes surfaces d'étoffe.
Elle s'est formalisée dans les ateliers citadins de la ville aux XVIIIe et XIXe siècles, avec une part d'influence ottomane que les spécialistes discutent encore. Le guide du vestiaire marocain la situe parmi les ornements de prestige appliqués aussi bien au linge de maison qu'aux pièces de cérémonie.
Comment on la reconnaît
Le point plat couche le fil à la surface du tissu et remplit la forme sans compter les fils du support : le dessin est donc libre, courbe, capable de pétales et de tiges enroulées. Les couleurs se juxtaposent par tons voisins à l'intérieur d'une même fleur, ce qui produit un effet de volume. Les compositions s'organisent en semis, en bouquets centrés ou en frises courantes. Le fil métallique du skalli vient parfois s'ajouter pour souligner un contour ou marquer une pièce d'apparat.
Ne pas la confondre avec la broderie de Fès
Le tarz fassi est monochrome, compté sur fil, géométrique et réversible ; le tarz rbati est coloré, libre, floral, et son envers montre les reports de fil. Ce sont deux logiques opposées, souvent réunies à tort sous l'étiquette de broderie marocaine. Au nord, la broderie tétouanaise constitue une troisième école, plus proche du répertoire andalou. Regarder l'envers d'une pièce reste la manière la plus rapide de trancher.
Repères de lecture
La broderie citadine appartient à un monde d'ateliers organisés, distinct des signes ruraux : le tatouage amazigh, l'écriture tifinagh ou les points comptés du terz el-ghorza relèvent d'autres transmissions. La ville de Tétouan occupe une position intermédiaire, tournée vers l'Andalousie.
À l'usage, une broderie au point plat s'accroche : elle demande un rangement à plat et un repassage sur l'envers, sur pattemouille. Les mêmes précautions valent pour les pièces brodées de nos caftans et robes marocaines.